SIGNOR, IL SIGNOR DUCA DI FIRENZE
[Montalciiio, 24 cli luglio 1557.]
niustrissimo et eccellentissimo Signore, questa sera ho havuto la lettera di vostra Eccellentia del XXn del présente, alla quale li dirô per risposta, che facendo alli mesi passati il signor Bartoldo Farnese ogni giorno correrie sopra questo dominio, io feci predare et correre sopra il dominio di Caparbia et le altre terre suoe; del che si lamento a reverendis-
simo cardinale CarafFa*^ il quale mi fece scrivere per 1' imbaciatore di sua Maestà cliristianissima in Roma, che il detto signor Bartoldo et le terre suoe erano sudite et in prolettione de la Cliiesa, et per tanto non li dessi fastidio alcuno al avvenire. Al quale io rispossi che s'il detto signor Bartoldo o alcuno altro faceva correrie o predava sopra questo dominio, ch' io predarei ancora sopra d' essi. Hora che vostra Eccellentia mi dice che il detto Caparbia è sua, non li posso dire altro^ se non che s'il detto signor Bailoldo o altro chiunche si voglia, corevà o predava sopra queste terre, ch' io saro constretto, contra mia voglia a far il simile, et massime contra quele di vostra Eccellentia, facendola certa, che io non saro mai il primo. Con questa pregaro Iddio la tengha felice.
Di Montalcino, alli 24 di luglio 1557.
Di vostra Eccellentia servitore.
Biaise de Monluc.
(Florence, Archives Medicis ; filza 4754; communication de M. Benoist.)
TRADUCTION
36. — AU TRÈS-ILLUSTRE ET TRÈS-EXCELLENT SEIGNEUR, MONSEIGNEUR LE DUC DE FLORENCE,
[Montalcin, 24 juillet 1557.]
Très-illustre et très-excellent Seigneur, ce soir j'ai reçu la lettre de votre Excellence du 22 du mois présent, à la-
1. Le capitaine CarafTa était devenu cardinal peu de temps auparavant. Vo^ez la note 1 de la p. 4 du t. II.
quelle je donnerai pour réponse que le seigneur Bartoldo Farnese, ayant fait pendant ces mois derniers chaque jour des incursions sur ce domaine, j'ai fait piller et faire des incursions sur le domaine de Caparbia et ses autres terres; de quoi s'étant plaint au très-révérend cardinal Caraffe, celui-ci me fit écrire par l'ambassadeur à Rome de sa Majesté très-chrétienne que ledit seigneur Bartoldo était sujet de l'Église et ses terres sous la protection de l'Eglise , et qu'à cause de cela je ne devais lui donner aucun sujet de déplaisir à l'avenir; à quoi je répondis que si ledit seigneur Bartoldo ou tout autre faisait des incursions sur ce domaine ou le pillait, je pillerais encore ses terres. Maintenant que votre Excellence me dit que ladite Caparbia est à elle , je ne puis lui répondre autre chose, sinon que si le seigneur Bartoldo ou quelque autre que ce soit faisait des incursions sur ces terres et les pillait, je serais forcé contre ma volonté d'en faire de même, et surtout sur celles de votre Excellence, l'assurant que je ne serai jamais le premier à commencer. Avec ceci je prie Dieu qu'il vous conserve heureux.
De Montalcin, le 25 juillet 1557.
De votre Excellence le serviteur.
Biaise de Monluc.