Défaite de Saint-Quentin, 10 août
délibéré de aller trouver le roy pour luy faire service auprès de sa personne, et que, pour cest effeet, il désireroit grandement avoir une lettre de vous, pour, et avecques la faveur d'icelle, se présenter à sa Magesté, me priant que vous en dus^e escripre. Et pour ce. Monseigneur, que durant le temps que nous avons eu des affaires par deçà, ledit sieur, ne moins le sieur Mario, son frère, n'y ont espargné leurs biens ny personnes et y ont faict très bon et fidelle debvoir pour le service de sa Magesté, je suis contrainct vous supplier accorder et envoyer vostre lettre audit sieur prieur.
Je me partiray demain de ceste ville pour m'en retourner à Montalcin, affni de donner ordre à tout ce qui y sera nécessaire. Je vous supplie. Monseigneur, renvoyer incontinent par deçà le cappitaine Charry pour m'ayder à fortifier les places de cest estât, car sans luy je n'y puis maintenant donner ordre, n'ayant personne auprès de moy pour cest effect et dont je m'y puisse servir. Qui sera l'endroict où, après vous avoir très humblement supplyé me tenir tousjours en vostre protection et bonne grâce, je prieray le Créateur vous donner. Monseigneur, en parfaicte santé très heureuse et longue vie.
De Labbadye, ce XXIir" aoust 1557.
Votre très unbble et très hobéisant serviteur.
Biaise de Monluc.
(Lettre originale; ces derniers mots : votre très unbble etc., et la signature sont autographes; Bibl. imp., coll. Gaignières, vol. 341, f" 59.)