‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 78 sur 158 · COMMANDANT ET LIEUTENANT GENERAL POUR LE ROY EN PIÉMONT · texte numérisé non relu

COMMANDANT ET LIEUTENANT GENERAL POUR LE ROY EN PIÉMONT

[Paris, 6 novembre 1558.]

Monseigneur, je vous ay escript par le pacquet du roy du III""^ de ce mois, et tout incontinent après je receuz lettres dudit seigneur et de monsieur de Guise, par lesquelles ils me mandent que je m'en aille en diligence droit à Bourdeaulx pour exécuter quelque entreprinse, qui conserne grandement le service de sa Majesté, et que par chemyn je trouveroys le roy de Navarre qui me diroit ce que j'auroys à faire, lequel se partit hier de la court pour faire ledit voyage. Et me partiray demain d'icy pour m'en aller le trouver audit Bourdeaux le plus tost qui me sera possible. Qui sera cause que ne vous pourray tenir d'icv en avant adverty des affaires de deçà, comme j'eusse bien désiré; et vous eusse escript au vray ladite entreprinse par vostre chiffre , mais je ne l'ay encores bien sceu entendre \

1 . Le roi de Navarre s'était flatté de surprendre Fontarabie et peut-être toute la Navarre espagnole, tandis que l'attention du roi d'Espagne était concentrée sur les conférences de Cateau- Cambrésis. Cette expédition à laquelle Moulue, Jarnac et d'Escars

Je VOUS ay supplyé par ma dernière lettre de m'envoyer le cappitaine Perot pour le marier en quelque lieu fort advantageux pour luy et pour ma maison. Je vous supplye de rechef me le volloir incontinent envoyer pour deux moys seullement*; et fmiz qu'ils seront^ ne faudray à le vous renvoyer : et me ferez singullier plaisir dont je vous demeureray obligé.

Messieurs les connestable, cardinal de Lorraine^ et mareschal de Saint- André ^ arrivèrent mercredy à la court pour résouldre avec le roy ce qu'on doibt faire de Callais^ que les Anglais veulent avoir à toutes forces*, et ce jour d'iiuy s'en retournent à Serrans^ Sur

prirent une part active, échoua misérablement. Voyez les notes de la p. 322 et 323 du tome II des Commentaires .

i . Ces beaux projets de père de famille échouèrent ou du moins furent retardés. Pierre Bertrand de Monluc ne se maria que le 6 juillet 1563. Il épousa Marguerite de Caupene.

2. Charles de Guise, cardinal de Lorraine, né en 1525, le prélat le plus habile, le plus éloquent et peut être le plus corrompu de son siècle. Dans les dernières années du règne de Henri II, il commença à acquérir de l'importance; sous le règne de son faible successeur, il centralisa dans sa puissante main la direction de toutes les affaires. C'est surtout dans les archives de Simancas qu'il faut étudier l'action souveraine de cet habile ministre. Après la mort de François II, la reine Catherine le tint prudemment à l'écart comme le seul rival digne d'elle. Il se renferma dès lors dans les devoirs de sa profession, figura au colloque de Poissy et au concile de Trente avec un talent qui arrachait des cris d'admiration à Théodore de Bèze. Il mourut à Avignon en 1574.

3. Jacques d'Albon, seigneur de Saint-André (t. I, p. 255, note 2).

4. Sur le désir des Anglais de reprendre Calais, à l'occasion du traité de Cateau-Cambrésis, consultez l'Histoire de France de M. Henri Martin (t. VIII, p. 472) et les autorités qu'il cite.

b. Cercamp, abbaye dans le comté de Saint-Pol. Là s'étaient abouchés, dès le 15 octobre, le cardinal de Lorraine, le conné-

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ce je me recommanderay bien humblement à vostre bonne grâce et prieray le créateur vous donner. Monseigneur, en bonne santé très contenJLe et très longue et heureuse vie.

De Paris, le VI™* jour de novembre 1 558.

Votre très unbble et très obéisant serviteur. Biaise de Monluc.

(Lettre originale; ces derniers mots votre très unbble et la signature sont autographes; Bibl. imp., coll. Gaignières, vol. 415, f" 65.)

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