‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 79 sur 158 · GRAND CHAMBELLAN DE FRANCE * , LIEUTENANT GENERAL POUR LE ROY · texte numérisé non relu

GRAND CHAMBELLAN DE FRANCE * , LIEUTENANT GENERAL POUR LE ROY

[Orléans, 6 novembre 1558.]

Monseigneur, le contrerolleur la Morlière, présent porteur, s'en venoit avec moy en Guyenne pour y servir de son estât ; touttesfoys, estant sur le chemin, il a entendu par aucun de ses compaignons que, passant commis de contrerolleur général de la guerre,

table, le maréchal Saint- André , Morvillier, évêque d'Orléans, et Claude de Laubespine , représentants du roi de France ; pour l'Espagne, le duc d'Albe , le prince d'Orange, Ruy Gomez de Silva, Perrenot de Granvelle, le président Viglius.

1. Le duc de Guise, appelé en toute hâte d'Italie, après la bataille de Saint- Quentin , était arrivé à Saint-Germain le 20 octobre 1S57. Henri II voulut lui donner une preuve éclatante de sa confiance; il le créa lieutenant général, dignité plus élevée que celle de connétable, et qui ne se donnait, suivant les traditions de l'ancienne monarchie, que dans les temps de régence. Le marquis de Bouille, dans son Histoire des Guises (t. I, p. 411), assure même qu'il avait été question d'investir le favori de la dignité de \àce-roi.

DE BI.AiSE DE MONLUC. lOu

on ne luy a voullu bailler son département pour faire monstre de la gendarmerie, comme il avoit accoustumé de faire, disant qu'il y a opposition de la part de deux autres contreroUeurs des guerres, lesquelz luy vouldroient, s'ils pouvoient, tous ensemble, faire supprimer sondit estât. Cela est cause que je vous escris la présente pour vous requérir et bien humblement supplier. Monseigneur, que tout ainsy que de vostre grâce avez faict donner et depuis confirmer ledit estât audit de la Morlière, que luy voulliez aussy estre protecteur en luy faisant, s'il vous plaist , ce service et garder le bien que vous luy avez faict. Car il ne seroit poinct raisonnable, attendu le temps qu'il en a joy, et les services qu'il a faictz, dont le roy et vous avez esté bien informez, qu'on luy vint maintenant à oster. Ledit de la Morlière est de mes anciens serviteurs , quy me faict encores une foys, Monseigneur, vous supplier à ma faveur l'avoir pour recommandé; et il sera toute sa vye tenu et obligé de prier. Monseigneur, Dieu pour vous et faire très humble service à vous. Monseigneur, et à tous ceux de vostre maison, suppliant en cest endroit le créateur vous donner. Monseigneur, en très longue et bonne santé, heureuse vve.

D'Orléans*, ce VI"'' novembre 1558.

Vostre très humble et très obéissant serviteur à jamais.

Biaise de Monluc.

(Lettre originale; signature autographe ; Bibl. imp., coll. Gaignières, vol. 278) , 2, f" 25 ; une copie de cette même lettre se trouve dans le volume 341 du même fonds, f <6).)

Page 1