Geoffroy de Caumont (t. II, p. 371, note
Ils m'ont tous remercié des remonstrances que je leur avois faict, me disant qu'ils se meetroyent à part pour délibérer ce qu'ilz auroyent à faire^ tant pour les lectres que sa ÎMajesté leur avoit escript sur ce fait, comme aussi pour celles que le roy de Navarre leur avoyt mandé de mesme substance. Le président de ceste ville me conseilla leur remonstrer que, pour n'entrer en confusion, ils feissent élection de douze personnes pom^ chascun estât, lesquelz auroyent puissance de respondre leur délibération. Jeleurproposav et me l'accordarent ; et que, après disner, ayant conféré à pai^t les ungs et les aultres , sur les trois heures, ilz se rassemblerovent une autre foys ; ce qu'ilz ont faict. Et sur les sept heures du soir me sont venus trouver : l'abbé de Blasmont*, pom^ Testât de l'église; monsieur de Lézignan, lieutenant du séneschal, pour la noblesse; et ung consul de ceste ville, nommé Boissonna', pour le tiers estât; chascun avec les douze qui avoyent esté eslevez. Et, en général, m'ont dict que, en ensuivant le voulloir de sa Majesté et vostre, ils ferojent élection d'ung personnage de chascun Estât, des plus sages et vertueux qu'entre toute l'assemblée se pourroyt trouver; et qu'ilz ne fauldront se trouver le XX""" de ce moys à Bordeaux, pourrendreresponce au lieutenant du roy, comme est dict par lesdictes lectres, et que de leur costé sa Majesté et vostre ne trouvères point qu'ilz ne vous
1. Bertrand de Laconibe, abbé de Blazimoiid (t. III, p. 3oo, note) .
2. Probablement Boissonnade, avocat, bourgeois d'Agen, syndic de la province. De Bèze le dépeint comme un fougueux catholique [Hist. ecclés., t. I, p. 203. éd. de 1841).
soyenl très humbles et très obéissans subgectz et serviteurs; et m'ont pryé tous le vous vouUoir escrire et asseurer pour eulx. Je leur ay prié d'entrer en quelque présentation^ à celle fin que je vous en escrive quelque chose. Ce matin, de rechef, me sont venus trouver et dict que, attendant le XX% ils penseroyent quelques moyens et en bailleroyent instructions à leurs députés qui iront à Bordeaux. Et une autre foys mi'ont prié tous vous asseurer que sa Majesté et vostre les trouvères certainement tous lelz; et. . . .* proposèrent arsoir; le président de ceste ville, messires de Biron et de Caumont se sont monstres très affectionnés pour le service du roy et vostre. Voylà, Madame, tout ce que a esté faict jusques à ceste heure.
Madame^ je ne vous escris rien d'autres affaires pour ce que je pense que vous estes advertie de ce que ce faict de par deçà. Je vous avois naguières escript que ses gens estoyent pacifiez depuis la venue de monsieur de Burie^; mais depuis cinq ou six jours ils ont commencé faire pire que jamais, de sorte que on n'entend autre chose, de nuict à autre, sinon les bruslemens et saccagemens d'église que on faict. Monsieur de Biu-ye m'a escript une lectre du IX% et