A MONSIEUR MON COUSIN, MONSIEUR DE CONDOM
[Estillac, décembre 1565' ?]
Monsieur mon cousin, j'ay veu ce que m'avez escript, et vous envoyé la lettre que demandés pour les gardes de Ihospital de Saint Jacques. Et quant à ce que me mandez que viendrez à Agen si tôt que madame de Saint Laurens sera arrivée, je vous prye, quant viendrez, amener avec vous monsieur de Saint Ourens et le trésaurier de Pont, car, puisque Boery est venu de la court, je veulx veoyr les arrentements de l'évesché et sçavoir comment nous vivrons ensemble , ce que je ne puys faire sans ledit sieur de Saint Ourens et le garde des sceaux'; car ce sont eux qui ont fait l'accord avec vous touchant l'évesché. Et je regarderay de faire venir ledit garde des sceaulx dans cinq ou six jours ; et par mesme moyen pourrez parler à Chazettes, lequel, à ce que je crois, départira les états mercredi ou jeudi, car ceulx d'Agen se tiennent mardi. Qui est tout, me recommandant de bien bon cueur à vostre bonne grâce, priant le Créa-
1 . Cette lettre n'est pas date'e ; mais on remarquera que Monluc y parle des Etats d'Agen comme d'un événement très prochain. Nous pensons donc qu'elle doit suivre immédiatement la précédente.
2. François de Tilladet, seigneur de Saint-Orens, avait été chargé de négocier l'accord passé par Monluc, au sujet de l'évêché de Condom, avec Morvilliers, qu'il appelle indifféremment Vévéqiie d'Orléans ou le garde des sceaulx (Lettre du roi à Monluc, coll. St-Germ. fr., vol. 689, 11, f° 5).
teur vous donner. Monsieur mon cousin, en bonne santé, longue vye.
A Stillac, ce dimanche matin.
Vostre meilleur cousin et amy prest à vous fayre service,
Monlue.
(Lettre originale; signature autographe; Bibl. imp., coll. Gaignières, vol. 341 , f 87.)
-14 5. — [aux consuls de lectoure.]
[Agen, 1^ décembre 1665.]
Messieurs les consuls, j'ay receu vostre lettre, et ne vous estonnez de rien de toutes ces menaces, car le roy mi'a ad voué de tout ce que j'ay faict; et advés fort bien faict de deffendre l'entrée de la ville au Juan ', lequel vous prie ne laisser entrer, ny Montamat aussi, jusqucs à ce que nous aurons entendeu en quoy sera devenue l'assemblée qu'a faict monsieur l'admirai à Melun , et continuer la garde des portes et guet jusques alors , et ce, suyvant le commandement que je vous ay faict, vous le commandant encore par la présente. Que sera fin; je prie
1. Nous ne connaissons pas ce personnage. Une délibération des consuls , en date du 25 novembre i S6S , porte : « Dei'niére- « ment, quand Monseigneur de Monlue estoit en ville, dict et dé- « clara audit sieur juge maige , aux sieurs consuls qu'on ne laisa sast point entrer messieurs Montamat, le Molin, ny du Juan. » (Arch. mun. de Lectoure; Livide des Records de 1542 à 1578, f 135, v°.)
nostre Seigneur en bonne santé vous donner. Messieurs les consuls, ce que désirez.
Vostre bon voisin et amy.
Biaise de Monluc.
(Copie; Arch. mon. de Lectonre, Livre des Records de 1542 à 1578, f* 124 et 312.)
4 4 6. — [aux consuls de lectoure.]
[Cahors, 20 dëcembre 1665.]
Messieurs les consuls, j'ay receu une lettre du roy, par laquelle sa Majesté me mande que toutes choses sont en telle disposition en ce quartier de delà qu'il le scauroit désirer. A ceste cause, de tant que sadite Majesté s'asseure qu'il n'y a aulcune apparance de guerre n'y recommencement du mesnaige, il ne fault que nous souyons en crainte pour ce pays de deçà. Pai-quoy je vous prie et néantmoins commande et ordonne qu'ayés à remectre toutes choses en la ville comme y ont accoustumé, sans y faire aucun guet ni garde aux portes ; que ne pourroit de rien profiter que ung grand despence au pays. Que est tout ce que je vous diray pour le présent ; me recommendant de bon cueur à vos bonnes grâces, priant nostre Seigneur vous donner ce que désirez.
A Cahours, ce XX™e de décembre 1 565.
Vostre bon voisin et amy,
De Monluc.
(Copie; Arch. mon. de Lectonre, Livre des Records de 1542 à 1678, f° 124.)
Mil. A MONSIEUR MON COUSIN, MONSIEUR L EVES-
QUE DE CONDOM, A CONDOM
[Agen, 17 mars 1566.]
Monsieur mon cousin^ pour ce qu'il faut que le chevalier s'en aille bientoust *, il s'en ira devers vous ; je vous prie regarder au combien luy est deu sur sa pention ^, despuys que vous avez tiré le revenu de l'evesché, quy est, ce me semble, une année entière, car son frère en a tiré autant. Je vous prye le despêcher le plus toust qu'il vous sera poussible. Je pansois estre lundy au Sampuy, mais ne m'y puys trouver jusques à mercredy. Que sera fin, me recommandant de très bon cueur à vostre bonne grâce, prie à Dieu, Monsieur mon cousin, vous donner ce que désirés.
Agen, ce XYII""" de mars 1 566.
Vostre bon cousin et amy prest à vous faire service.
De Monluc.
(Lettre originale; signature autographe} Bibl. imp., coll. Gaignières, vo'. 341 , f 139.)
1. Charles de Monluc, dit le capitaine Peyrot, se disposait à entreprendre une grande expe'dition maritime. Voyez à ce sujet les lettres de Monluc des 5 juin, 8 juillet, 9 août, 23 août lo66.
2. Robert de Gontaut avait reçu l'évêché de Condom, à charge de payer diverses pensions aux membres de la famille de Monluc. Voyez la lettre de de'cembre 1S65 (p. 43). Charles de Monluc employa sagement ces fonds à payer ses dettes. Voyez sa lettre du 12 juillet 1S66 à l'ëvêque de Condom (coll. Gaignières, vol. 341, fllo).
-14 8. A MONSIEUR MON COUSIN, l'ÉvESQUE
DE CONDOM
[Agen, 9 avril 1566.]
Monsieur mon cousin, monsieur de Sainte Coulonbe, qui est en ceste ville, a esté adverty comme une capellanie de Villefranche du Cayran est vacente, et est à vous à la donner. Il m'a pryé de vous en escrire à la faveur de ung sien preblre, qui se nomme messire Nicolas d'Abadye, homme qui luy a faict service longtemps. Ladite capellanye ne vault guyères, par ainsin faites-luy ce plesir. Celluy qui la tenoict auparavant estoict de Limosin, et c'estoit marié, et est mort; et cestuillà que je vous nomme fust éleu de la commune* et a esté mys par vostre secrétaire, et ne pouvez faillir à luy en faire la despesche. Qui sera fm de ma lettre, après m'estre recommandé bien humblement à vostre bonne grâce ; prie à Dieu vous donner. Monsieur mon cousin, ce que désirés.
D'Agen, ce IX""' d'apvril 1566.
Vostre cousin et amy prest à vous faire service,
De Monluc.
(Lettre originale; signature autographe; Bibl. imp., coll. Gaignières, Toi. 341 , f» 96.)
1. Ce passage prouve que les élections eccle'sias tiques, organisées par la pragmatique sanction de 1438, n'étaient pas entièrement tombées en désuétude, malgré le concordat de ISIO.
[Agen, 22 a>Til 1566.]
Madame, j'ay receu aujourd'huy les lettres qu'il a pieu au roy et à vous ra'escrire de Cosne en Bourbonnais le VII°" de ce moys, ausquelles je fais si ample responce à sa Majesté, comme il vous plaira voir, que je ne vous en feray icy aucune redicte. Bien vous diroy. Madame, que s'en allant à la court en poste ce présent porteur, syndic de Condomoys, je luy ay baillé mes lettres et luy ay commandé vous faire entendre comme ces jours passés j'ay eu des informations, avec plusieurs plaintes, des exactions, pilleries et oultraiges dont usent sur le pauvre peuple les fermiers et les commis à recepvoir le subside mis pour l'abréviation des procès. Il vous, plaira. Madame, l'oyr et y pourvoir; car autrement il en pourroit advenir des inconvéniens, et au surplus le voulloir faire despescher, affin qu'il se trouve aux estats de Périgueulx, le premier de juing, d'autant qu'il est l'ung des depputés du dit Condommois.
Madame, je supplie Dieu en cest endroit vous donner en très bonne santé très heureuse et très longue vye.
D'Agen, ce XXH"- jour d'avril 1566.
Vostre très humble et obéissant subject et serviteur.
De Montluc.
(Lettre rapportée de Saint-Pétersbourg et communiquée par M. le comte de Laferrière.)
[Agen, 5 mai 1566.]
Sire, j'ay aujourdhui receii la lettre qu'il vous a pieu de m'escrire de Sens, le XXI°ie (Jq passé, par laquelle il vous plaist, Sire, me commander de m'enquërir dextrement des pyrateries et déprédations dont l'ambassadeur du roy d'Espaigne vous a faict plaincte avoir esté faictes sur les subjets du roy, son maistre, par le cappitaine Menyn etaulcuns aultres des subjects de vostre Majesté. A cella. Sire, je vous respondray n'avoir point entendu que nul de vos subjects ayt pillé et larronné ceulx du dict sieur roy d'Espaigne, mais il est vray que le dict capitaine Menyn, ayant par cy-devant esté déprédé et ruyné en mer par les Portugais, par succession de temps auroit trouvé moyen avec ses amys d'équipper ung petit navire, avec lequel il s'en seroit allé sur mer à la mercy de fortune, que luy auroit esté telle cruelle que se seroit revanche, et au bout de dix ou douze mois se seroit retiré de par deçà, s'en venant droit à Bourdeaulx; mais l'impétuosité des vents et de la mer agitterent tellement son dict navire, qu'estant à la Teste de Buch il fût contrainct d'estre rompu et aller à fons. Toutesfois, Sire, le dict cappitaine Menyn et quelques ungs de son équipaige se sauvèrent et plusieurs gens du pays de Médoc y accoururent, lesquels prirent chascun sa pièce des marchandises qui peurent estre sauvées, sans que le dict Menyn n'en ayt peu recouvrer que bien peu, qui ne sçauroit valloir guères plus de mil livres, comme
j'ay veu par l'inventaire qui en a esté faiet par les officiers de l'admirauté à Bourdeaulx, et lesquelles marchandises ont esté prinses par les advitailleurs du navire du dict cappitaine Menyn, lequel à ces causes est demeuré aussy piètre que devant. Tant s'en fault, Sire^ que les dictes marchandises fussent de la valeur de trois mille escus, ainsy que le dict ambassadeur d'Espaigne vous a faict entendre.
Et quant au Portugais, Sire, qui estoit au chasteau du Ha, au dict Bourdeaulx, le cappitaine Monluc, mon filz, l'y avoit faict mettre, non comme prisonnier, ains l'y faisoit bien traicter, pour ce. Sire, qu'il s'en voulloit servir py Ilote à son voiaige, d'aultant qu'on luy avoit dict qu'il estoit expérimenté, auquel temps, passant par le dict Bourdeaulx l'ambassadeur du roy de Portugal, il m'escrivit une lettre que j 'envoyé à vostre Majesté, par laquelle. Sire, vous verrez. Sire, qu'il déclare le dict pyllote estre subject du roy de Portugal, son maistre, et les dictes marchandises avoir esté prinses sur les Portugais, me suppliant, pour obvier à plusieurs inconvéniens qu'il me prédisoit advenir sur les subjects de vostre Majesté, dont il faisoit menasse pour obtenir sa demande, comme il vous plaira veoir, que je luy voulusse faire délivrer le dict portugais affin qu'il l'amenast dans son pays, ne voullant trahir son prince ny perdre son pays et sa famille, estimant que le cappitaine Monluc le voulloit mener aux mines que le roy de Portugal prétend estre siennes. A laquelle lettre je luy fis rcsponse, Sire, que le dict cappitaine Monluc n'estoit pas si mal saige que de luy avoir déclaré son entreprinse ny à aultre, et que, quand bien il entre-
prendroit d'aller en mer, il ne vouldroit endommager les pays et subjects des dict sieur roy d'Espaigne et roy de Portugal. Cella disois-je, Sire, mais je me suis bien réservé d'interpréter que les mynes n'appartiennent au dict sieur roy de Portugal, puisqu'il en faict tribut aux Mores ; et par ainsy y aller ce n'est sur ses pays. Et davantaige que si le dict cappitaine Menyn avoit prins quelque chose sur les Portugais, il n'avoit que eu sa revanche, veu que par cy-devant, ils avoient mis son navire à fons et l'avoient ruyné, comme aussy avoient-ils faict depuis deux ans plusieurs aultres de vos subjects. Luy accordant la délivrance du dict py Hotte portugais, je manday au cappitaine Lagrange de le luy déli\Ter, ce qu'il fit, mais non pour crainte de ses menasses, l'advisant bien que le dict cappitaine Monluc ne l'avoit retenu que pour s'en servir de pyllotte ; toutesfoys qu'il en trouveroit assés en Guyenne d'aussy bons ou meilleurs que luy. Et ainsy. Sire, il s'en est allé comptant.
Et par là vous pouvez congnoistre que c'est une occasion empruntée du dict sieur roy d'Espaigne pour vous quereller, puisque ces subjects ny son pays n'ont esté pillés des vostres. Et s'il vous plaist faire monstrer ceste lettre à son ambassadeur, je crois qu'il demeurera honteux devons avoir proposé. Sire, chose sy supposée que celle-là qu'il vous a en cest endroict faict entendre. Mais je vous supplie très humblement, Sire, croire que le dict cappitaine Menyn est aussy vaillant et expérimenté cappitaine de navire, et qu'il ne fault perdre telles gens, car vous en pouvez bien avoir affaire; et malcontant
tels personnaiges ils ne se recouvreroient qu'à tard. Et puisque vous voyez que les aultres princes favorisent et soutiennent leurs subjects^ la raison veult bien que vous faietes de semblable à l'endroit des vostres. Vous pouvant bien dire que^ s'il leur plaist de le faire, de leur bailler liberté de trafiquer sur mer et se garder d'estre oultraigés; ils n'ont point crainte d'y acquérir perte ny honte. Voillà, Sire, tout le discours au vray de ce négoce, lequel il vous plaira considérer. Et n'ayant pour le présent aultre chose à vous escrire, pour n'estre rien survenu de nouveau de par deçà, je feray fin à ceste lettre, en priant Dieu, Sire, vous donner en très bonne santé très longue vye.
D'Agen, ce V™* jour de may 1566.
Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur.
De Monluc.
(Lettre rapportée de Saint-Pétersbourg et communiquée par M. le comte de
Laferrière.)
i 5<. AU ROY.
[Agen, 19 mal 1566.]
Sire, je receus le onsiesme de ce moys la lettre et l'instruction qu'il vous a pieu m'envoyer du troisiesme sur l'évasion hors ce royaulme de maistre Eslienne Lemaçon , receveur général de ceste charge, suivant lesquelles je fis incontinent venir devers moy le président de ceste ville, vostre advocat en icelle, le commis du contrerolleur général et le commis dudit Lemaçon, auxquels je ^communiquay les dites lettre et
instruction; et commanday aux sieurs président et advocat d'aller au logis du dict Lemaçon, et à mon secrétaire, pour exécuter en cest endroit le commandement de vostre Majesté, et aux sieurs commis de leur rendre comte de la charge selon qu'il estoit mandé : à quoy, Sire, ils ont vacqué si exactement qu'il vous plaira faire veoir par le procès verbal sur ce faict, que je vous envoie par ce présent porteur, auquel j'ay faict délivrer la somme de mil six cens douze livres, trouvé dans le coffre du bureau, ayant le commis du dict Lemaçon acquitté puis la voicture
de* qui fut délivrée au dict Lemaçon à Lymoges,
la somme de trois cents livres, par vertu tant des mandements patens de vostre Majesté, rescriptions du Trésor de l'Espargne que paiement des gaiges ordinaires et extraordinaires, ainsi qu'il est plus amplement contenu par le dict procès verbal, tellement qu'il fault que je vous dise. Sire, que le commis s'est bien et dignement acquitté de son debvoir et ne mérite participer en la faulte commise par son maistre. J'ay faict faire un extraict des rôles du quartier de janvier, lequel j'ay envoyé au receveur Beauclere a Bourdaulx pour en faire le recouvrement, montant à la somme de huit mille cent quatre vingt dix huit livres onze sous, dix deniers. Et ne voyant aulcune autre chose à faire en cest endroit, j'ay dépesché ce porteur pour vous aller rendre compte de ceste procédure. Ne voulant faillir au surplus de vous dire, Sire, que je partiray d'icy. Dieu aydant, le XXVIP de ce moys pour m'en aller à Périgueux tenir les estats