‹ Commentaires et lettres (volume 3)Chapitre 25 sur 98 · Édit du 19 mars 15G2 (l^JôB), art · texte numérisé non relu

Édit du 19 mars 15G2 (l^JôB), art

Semblablement par ledict édict est porté qu'il n'y aura aucun gentilhomme, estant de la dicte nouvelle rcligion, qui puisse recepvoir leur exercice , sinon seulement eulx, leurs familles et subjectz, qui libérallement y vouldront aller \ Et néanmoings ilz y reçoyvent tous ceulx que y viennent en général , tant subjectz du roy que autres, qui est aussi entièrement contrevenir aux édictz, de sorte que je voys que nostre religion s'en va du tout perdue par la liberté des presches qu'ilz ont et l'abondence des ministres, qui est si grande qu'il y en a desjà tant comme de bayes et buyssons en la France. Et si Tons m'eust voulu croire au commencement, par ung article que j'avoys propposé, nous ne serions où nous en sommes ; c'est que tous les princes crestiens fissent une ligue pour soustenir nostre religion. Et n'auroient-ils obtenu tant de permissions comme ils ont, car la royne eust tousjours crainct que les dicts princes crestiens eussent prins les armes pour leur faire la guerre. Et y a encores assez temps à faire la dicte ligue. Autrement, s'ilz ne la font, nous pouvons bien dire, avant de deux ans, adieu à la religion catliolicque. Mais quant à moy, je suis délibéré de n'en donner plus d'advertissemens à leurs Majestés, leur en ayant donné tant et si souvent comme j'ay sans y avoir porveu, de tant qu'ils ont des gens auprès d'eulx de la dicte religion, auxquelz ilz se fient comme à Dieu : que incontinent, après avoir receu lesdicts advertissemens, ils leur baillent pour leur en faire le rapport , mais après ils leur dissimulent tout autrement qu'il n'est

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