A LA REINE DE NAVARRE
[Agen, 6 octobre 1567.]
Madame, j'ay receu la lettre qu'il vous a pieu m'escripre *, et ne vous puys advertyr d'aultre chose que ce que vous-mêmes voyés. Toutefois j'espère, avec l'ayde de Dieu et les bons subjectz et serviteurs du roy qu'il a en ce pays, y donner tel ordre qu'il en demourera maistre ou il en coustera la vie à deux mil gentilzliommes, qu'avec l'ayde de Dieu dans jeudy serons ensemble; et en ay adverty sa Majesté et donné telle asseurance qu'il en aura contentement. Que sera fin; je supplieray le Créateur, Madame, en très bonne santé vous donner longue et heureuse vie'.
D'Agen, ce VF" octobre 1567.
(Copie du temps; Archives nationales, K. 1506, n» 98.)
1. Cette letti^e de Monluc à la reine de Navarre et celle qui suit, adressée au prince de Béarn, furent transmises à Philippe II par don Juan de Bardachin fArch. nationales, K. 1306, n° 99).
2. La lettre de Jeanne d'Albret à Monluc est datée du 3 octobre 1È67 (Arch. nationales, K. 1500, n" 94).
3. La lettre de Monluc à Jeanne d'Albret est écrite sur la même feuille que la lettre au prince de Navarre, qui suit. Au dos de ces deux copies on lit : Respuesta de Monluque a madama de Vandoma y su hijo. En marge de la lettre adressée à Jeanne d'Albret on lit : Respuesta de Monluque alla reina de Navara.
d6 7. AU PRINCE DE NAVARRE.
[Agen, 6 octobre 1567.]
Monseigneur^ j'ay receu la lettre que m'avés escripte* et notlié ce que me mandés, que trouvés estrange qu'estant près de vous je ne vous ay adverty des troubles en quoy nous sommes aujourdliuy. Sy ceulx de la religion de nostre roy avoient commencé, je vous en heusse incontinent adverty, mais ce sont ceulx de la religion nouvelle; qu'a esté cause que je ne me suys adressé, pour en donner advertissement, à aultre que au roy, car c'est de luy seul que je veulx avoir le commandement pour y remédier. Que sera fin \
(Copie du temps ; Archives nationales , K. 1506, n° 98.)
DE LECTORE.
[7 octobre 1567.]
Monsieur de la Cassaigne, je vous envoie ung double des lettres du roy* et de la roy ne que le sieur de Rœnoir asseure parfaictes. Faictes-le publier à son de trompe, afTin que chascun entende la
i . La lettre du prince de Navarre à Monluc est datée du 3 octobre 1567 (Arch. nationales, K. 1506, n» 9S).
2. A côté de cette lettre on lit : Respuesta de Monluque al prince de Navara.
3. La lettre du roi est datée du 28 septembre lo67. Elle raconte à Monluc l'attaque de Meaux et les premiers incidents de la guerre de la Saint-Michel (Collection de M. le comte de Lupé^:.
trahison et desloyaulté que l'on a usé contre nostre dit roy, et que ses fidelles subjects prennent courage de les revancher. Faictes bon guet, je vous en prie; monstrez ceste lettre au cappitaine Gimont. Escript en haste, le Vil de matin.
Vostre meilheur compaignon et amy,
De Monluc.
Sy les consulz ne vous bailhent et au cappitaine Gymond aussi^ ne faictes- vous d'y accroire*, car ceulx-là qui fairont le contraire monstreront la desloyauté qu'ilz ont au service du roy.
(Lettre originale; signature autographe; collection de M. le comte de Lupé.)
DE LECTORE.
[Agen, 7 octobre 1567.]
Monsieur de la Cassaigne, monsieur le viscomte de Fimarcon a esté en ceste ville, lequel m'a dict qu'il a deux licts dans la ville de Lectore, lesquelz il veut faire conduire dans sa maison d'Astaffort; par quoy vous les y laisserez sortir, qu'est tout. Je prie Dieu vous donner ce que désirez.
Faict à Agen, le septième jour d'octobre 1567 Vostre bon voisin et amy.
De Monluc.
(Lettre originale; signature autographe; collection de M. le comte de Lupé.)
1. Cette phrase est obscure. Nous pensons qu'il y a une omission après : Sy les consuls ne vous hailhent.,..
DE LECTORE.
[Agen, 15 octobre 1567.]
Monsieur de la Cassaigne^ j'ay prié monsieur l'advocat de Las, présent porteur, aller jusques àLectoure et vous dire quelque chose de ma part. Je vous prie de le croire comme à moy-mesmes. Et me remectant sur sa suiïisence, ne vous en feray la présente plus longue, me recommandant de bon cueur à vostre bonne grâce, priant Dieu en bonne santé vous donner, Monsieur de la Cassaigne, ce que plus désirez.
Agen, ce XV"^ jour d'octobre 1567.
Vostre bon cousin et amy.
(Lettre originale; signature autographe; collection de M. le comte de Lupé.)
-171. — A MONSIEUR DE LA CASSAIGNE, GOUVERNEUR DE LA VILLE ET CHASTE AU DE LECTOURE.
[Agen, 21 octobre 1567]
Monsieur de la Cassaigne, j'ai receu vostre lettre et aussi ay veu celle que le baron de Pourdiac vous a escript, et vous prie me croire, que jusques icy il n'y a homme qui m'ayt parlé de luy bailler le gouvernement du château et ville de Lectoure, qu'am^ay acepté. Et ores qu'on m'en eust parlé, je seroys fort marry de vous faire ung tel tort, ayant par deux diverses dépesches adverty le roy que je vous avoys
mis dans le dit chasteau, asseurant sa Majesté sur mon honneur de vostre fidélité et loyauté, et que de vostre part vous mourriez plus tost que faire torn* que d'homme de bien. Je veulx bien vous dire que j'ay trois ou quatre advertissements que Crabe, que vous avez faict vostre lieutenant, estant amy et serviteur de ce Fontarailles et de la maison de Fimarcon, qu'il vous pourroit bien entreprendre quelque chose dont vous et moy ne serions contemps. Ces deux maisons tascheront par tous moyens de faire quelque entreprinse s'ilz peuvent. Et si le cas advenoit, et vous et moy serions deshonorés. Par ainsyn, pour éviter toute suppecon, je suys d'avys et vous prye d'hoster la lieutenance audit Crabe; et luy pourrez dire, s'il veult venir me trouver, je luy feray donner la lieutenance en quelque compaignie que je fay fere et luy feray fere bon traicttement. Gardez-vous aussi de recevoir aucun qui viegne de la part de la reyne de Navarre; et assurés-vous que pour tout certain la trahison est descouverte, qu'ilz estoient résoluz de tuer le roy et messieurs ses frères, car ilz l'assaillirent par trois diverses foys sur le chemin de Meaulx à Paris. Il y a des prisonniers, auxquels le roy faict faire le procès à Paris, qui disent tous cecy. Je vous prie ne communiquer la présente à personne, ains la noter en vous-mesme et en faire vostre proffict.
. Pour le regard des soldats du cappitaine Gymond, mectés-en vingt sur ce gros usurié de Sere, et n'y faictes faulte, et qu'ilz ne despandent ailleurs que