‹ Commentaires et lettres (volume 3)Chapitre 29 sur 98 · A MESSIEURS LES CAPITOLS DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

A MESSIEURS LES CAPITOLS DE TOULOUSE

[Agen, 30 septembre 1567.]

Messieurs, je vous ay escript de Lectoure ce jour d'huy comme j'ay besoigné audict lieu * et comme les affaires se passent en ces cartiers, où ceulx de la religion nouvelle ont les armes en main ^, tuent,

4. Voyez les Commentaires, t. III, p. 102 et suivantes. 2. Deuxième guerre civile, dite de la Saint-Michel.

massacrent et pilhent ce qu'ils peuvent sur les catholiques; et assemblent leur camp à Brageyrac^ qu'est la cause que ne pouvés failhir de prandre garde à vostre ville, tant de nuyt que de jour, de tant que les affaires sont beaucoup plus graves que n'estoyent au temps des troubles derniers; et de ce vous en puys asseurer, pour les grands et bons advertissemens que j'ay de toutes parts. Je sçay que m'avés escript l'assemblée que ce faict à Montauban \ laquelle est grande : toutesfoys leur résolution est, ayant fourny la ville de bonne garnison, s'en aller à Brageyrac ; qu'est tout ce que vous puys escripre pour le présent, après me estre recomandé à vous, pryant Dieu, Messieurs, vous donner en santé heureuse et longue vye.

D'Agen, ce 30 septembre 1 567.

Vostre entièrement bon amy à vous faire service.

De Monluc.

(Lettre originale; signature autographe; Archives mun. de Toulouse; communication de M. Roschach, archiviste.)

DE LECTOURE

[Agen, !««• octobre 1567.]

Monsieur de la Cassaigne, et vous Messieurs les consulz de Lectoure, mectez incontinent et à la plus

1. A Montauban les Réformés démolirent la cathédrale, l'église et le couvent des Jacobins, et une patie de l'église Saint-Jacques {Hist. du Languedoc, t. V, p. 275).

grande diligence que pourrez quarante ou cinquante soldatz catholiques , bien cogneux , dans la ville et chasteau du dit Lectoure, et y faictes bonne garde, tant de nuict que de jour, car il est très nécessaire de ce faire pour le service du roy. Et espérant que n'y ferés faulte, ne vous dictz aultre chose, si non que monsieur de la Chapelle vous yra veoir bientost, qui vous dira plus amplement de mes nouvelles. Cependant je prie Dieu vous tenir en sa sainte gai'de. D'Agen, ce premier d'octobre 1 567.

Vostre bien bon amy.

De Monluc.

(Lettre originale; signature autographe ; collection de M. le comte deLupé.)

DE LECTOURE

[Agen, 3 octobre 1567.]

Monsieur de la Cassaigne, j'av receu vostre lettre et vous advise que j'ay advertye la court de parlement de Thoulouse, touchant le faict que vous m'avez mandé quant aux Barrais, affin que la dite court v envoie incontinent un commissaire. Cependant je vous prie garder que personne n'y touche jusques à ce que le dict commissaire aura veu le tout, lequel achèvera la procédure que l'advocat du roy a commencé, le procès verbal duquel je vous prie bien garder, car sur icelluy il prendra fondement et en fera ample inquisition. Au demeurant je n'ay encores veu aucung consul pour déclarer ce que j'ay promis, mais, si tost qu'il en viendra devers moy pour en

respondre, je ne feray faulte à luy faire délivrer le tout. Je leur escriptz de vous bailler les clefs de la ville tous les soirs, comme m'avez escript. Qui sera fin, me recommandant de bon cœur à vostre bonne grâce et priant Dieu en bonne santé vous donner, Monsieur de la Cassaigne, ce que plus désirez. D'Agen, ce Ill^^jour d'octobre 1567.

Vostre meilleur voysin et amy.

De Monluc.

Pource que les consulz ne pourroient faire la garde continuelle, à cause du peu de gens qu'ilz ont, j'ay mandé au cappitaine Gymont se transporter à Lectoure avec cent liarquebusiers, lesquelz la ville soldoyera, et lesquelz aussi vous obéiront en tout ce que vous leur commanderez pour le service du roy.

(Lettre originale; signature autographe ; collection de M. le comte de Lupé.)

DE LECTOURE

[Agen, 3 octobre 1567.J

Monsieur de la Cassaigne, je vous prie, si vous n'avez pourveu à la lieutenance du cliasteau de Lectoure, y commectre le cappitaine Foyssin, présent porteur. Il est bon soldat et s'acquitera bien et dignement de sa charge; et oultre ce, vous ferez grand plaisir à ceulx de la ville de Lectore, qui l'ayment et se fient de luy pour avoir cogneu sa fidélité aux troubles passez. Me recommandant à vostre bonne grâce, et prie Dieu vous donner en santé longue vye.

D'Agen, ce tiers d'octobre 1 567.

Vostre bon amy et voysin,

De Monluc.

(Lettre originale ; signature autographe ; collection de M. le comte de Lupé.)

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