‹ Commentaires et lettres (volume 3)Chapitre 52 sur 98 · FAICT LEURS PASQUES · texte numérisé non relu

FAICT LEURS PASQUES

[7 avril 1570.]

De par le Roy et Monsegneur de Monluc, lieutenant pour sa Majesté au gouvernement de Guyenne : il est faict commandement à tous ceulx de la prétandue religion, de quelque estât et condition qu'ilz soient, qui ne sont confessés et receu le précieulx corps de Dieu à la feste dernière de Pasques , que par tout le jourdhuy ilz ayent à vuider la présente

portes de Toulouse depuis le 22 janvier 4570 jusqu'au 20 de février. Elle y avait commis toutes sortes de crimes. L'indiscipline de cette armée est reconnue par les Princes eux-mêmes dans un ordre du jour de janvier (Arcli. nat., K. lol5, n. 7.)

1. L'amiral Coligny ('tait (ils de Louise de Montmorency, sœur du connétable, et par conséquent cousin germain de Damville.

ville, et ce, sur peyne de prison et de cent livres d'esmande, que leur est dors et déjà dëelairée.

Et à mesmes peynes que dessus, est enjoinct à tous catholiques, le jour passé, de venir dire et réveller aux consulz de la présente ville ceulx de la dicte prétandue religion, lesquelz n'auront faict leurs pasques, comme dessus a esté diet, ausquelz denoncéateurs sera donné une partye de la dicte esmande'.

Faict le septième d'avril 1 570.

De Monluc*.

(Copie; Arch. mun, d'Agen, Reg. cous., f" 247, V.)

[Agen, 7 juin 1570.]

Sire, le présent pourteur, qui est un jurast de ceste ville d'Agen, s'en va vers vostre Majesté pour luy faire entendre l'estat de vostre dicte ville d'Agen

1. Il paraît qu'un étranger s'était introduit dans la ville et avait tenté d'assassiner Monluc, On avait accusé les réformés de ce crime. Cette tentative avait déterminé un certain mouvement dans la ville. Les ennemis de Monluc transformèrent cette émotion en une véritable révolte des habitants d'Agen contre le roi. Les consuls furent obligés d'écrire au roi pour se disculper. [Bulletin du Coin, de la langue et de l'hist. de France, t. I, p 478.) Pour les suites de cette affaire, voyez les registres consul, d'Agen, f 2d4, v^ et suiv.

2. On lit à la suite de cette ordonnance : « Ledict jour et an « sus escript, ladicte ordonnance a esté publiée à son de trompe « par les cantons et carrefours de la ville d'Agen, par Raymond « Trays, trompette ordinaire de ladicte ville, acistant avec luy « moy Serrete, soubz signé. — Trays. Serrete. »

et païs d'Agennoys Et avant son partement j'ay bien vollu qu'il assistât à ung conseil, que j'ay tenu en ceste dicte ville avec plusieurs cappitaines de vos ordonnances, pour le règlement que je y doibs laisser pendant l'exécution de Béarn*, suyvant le commandement qu'il a pieu à vostre Majesté m'en faire par les sieurs de Leberon, mon nepveu, et de Cauterane. Et pour ne vous ennuyer de plus longue lettre, je vous supplie très humblement, Sire, vouloir ouyr et entendre ce que le dict jurât vous en dira et recognoistre les habitans de vostre dicte ville d'Agen et pays d'Agenoys pour vos très humbles et très obéyssants serviteurs, lesquels persévèrent tousjours comme ils ont faict cy-devant au lîdelle service de vostre Majesté.

Sire, je supplie le Créateur vous donner en très parfaicte santé très longue et très heureuse vye.

D'Agen, ce VIP^ de juing 1570.

Vostre très humble et très obéyssant suget et

serviteur ,

De Monluc.

Sire, signant la présente, j'ay receu une lettre de monsieur de Clermont, séneschal et gouverneur de Tholoze, laquelle je supplie très humblement vostre Majesté vouloir veoir. Incontinant que j'ay eu receu la dicte lettre, j'ay escript au sieur de Saint Orens

i . On conserve aux Archives nationales une copie des lettres patentes qui donnent à Monluc le commandement de la nouvelle ex[)edition dirigi'e contre le Béarn. Ces lettres patentes, conlresignées par l'Aubespine , ne sont datées que du 16 juin 1570. Il est probable qu'elles avaient été précédées d'une commission verbale (Arch. mit., R. 1527, n° 41).

s'en aller avec sa compaignie droict au bas Commenge, où est le sieur de Fontenilles, et se joindre tous deux ensemble pour empescher le passaige à Montamat ; ayant prié aussy le dict sénesehal de Tholoze s'approcher du cousté de la rivière de Garonne, affin que, tous ensemble, si le dict Montamat s'essaye de passer, nous le puissions combattre. Le sieur chevalier de Romegas, qui vient de sa commenderie de Rouergue , assure un advertissement que j'av eu de deux aultres divers lieulx, qui est que messieurs les Princes ont mandé à tous ceulx de la religion, qui sont pour pourter armes, qu'ils ayent à se rendre à leur camp, à peyne que ceulx qui ne s'y trouveront ne seront comprins en la paix, si elle se fait ; qui est la cause que le sieur Montamat veult passer, lequel j'espère de combattre s'il s'en essaye*.

(Lettre rapportée de Saint-Pétersbourg et communiquée par M. le comte de Laferrière.)

[Agen, 8 juin 1570.]

Sire, je cognoy par les lettres, que j'ay receu de

vostre Majesté le - du présent, par le cappitaine

Montaut, qu'estes mal content de moy pour avoir mis en longueur l'entreprise deBéarn, laquelle j'eusse,

1 . Une lettre des capitouls de Toulouse au roi , en date du 14 juin, parle des efforts de Clermont contre les réformes et ajoute quelques détails à la lettre de Monluc (coll. Harlay S. G., vol. 323, 4, f» 26).

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