‹ Commentaires et lettres (volume 3)Chapitre 63 sur 98 · A CEUX DES EGLISES REFORMEES · texte numérisé non relu

A CEUX DES EGLISES REFORMEES

Messieurs de Peyracave et du Bosc, et vous autres de la nouvelle religion à Lectoure, nous avons entendu, par quelques advertissements qui nous ont esté faitz, que vous autres de la nouvelle religion avés délibéré venir en la conté de Gaure et aux environs destruire nous temples et mettre tout en ruyne, comme faictes aux autres lieulx ; et pource que cecy nous pouroit estre reproché de sa Magesté et de ses miniîjtres, si nous le vous endurions, de l'advis et conseil de tous les gentilshommes de ladite conté et circonvoysins, et de tous les consolats, je vous escris

ceste présente, et vous prie, de la part de tous, que ne vous mettes à l'essay d'exécuter une telle entreprinse sans avoir commission du roy ou de ses ministres. Car si vous le faites, les tous ensemble sommes délibéré de prendre les armes et de deffendre nos églises jusques à ce que sadite Magesté nous aye mandé son voloir et intention. Et pour ne venir à ung si maulvais commencement de nous faire la guerre les ungs aux autres, je vous prie ne commencer de vostre côté; car du nostre, personne ne cherche à vous faire desplaisir, n'en ayant charge du roy ni de personne, auquel-j'envoye et à ses ministres le doble de ceste lettre, afin que s'il en advient inconvénient qu'il ne soit point trouvé que le mal vient de nous. Que sera fin, priant nostre Seigneur qu'il vous doint en santé longue vie\

(Copie du temps; Bibl. nat., coll. Dupuy, vol. 588, ^ 66.)

2 75. AU CAPITAINE LESCOUT DE ROMEGAS.

[Toulouse, 9 décembre 1562.]

Capitaine Lescout, j'ay esté adverti que vous demandez aux habitans de Saincte Foy cent livres par mois pour vos gaiges et cinquante pour vostre sargent. Je vous ay envoyé audict Saincte Foy pour avoir l'œil comme les habitans vivent et s'ils vivent selon les

4 . Au dos : Double de la lettre écrite par M. de Monluc à ceux des Eglises réformées. Cette lettre est sans date , mais nous croyons qu'elle doit être attribuée à l'anne'e 1560 ou 1361, au commencement des premiers troubles.

édictz et ordonnances du roy , et , s'ilz faisoient le contraire, m'en advertir ; et ne vous ay donné charge de y conduire forces ne y tenir garnison. Par ainsin je vous ay ordonné quarante livres par moys, qui est somme suffizante pour vostre entretien, attendu que vostre charge demande compagnie que de voz valetz ordinaires, et si cela ne vous semble raysonable, je suis d'avis que vous retiriez. Qui sera fin. Je prie Dieu vous donner longue vie.

De Tholoze, 9 décembre 1562.

Vostre bon amy,

(Lettre originale; signatui-e autographe; collection de M. le marquis de Lally; communication de M. le comte de Lur Saluées.)

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