‹ Commentaires et lettres (volume 3)Chapitre 78 sur 98 · LETTRES d'abolition EN FAVEUR DE MONLUC · texte numérisé non relu

LETTRES d'abolition EN FAVEUR DE MONLUC

[Blois, 8 avril 1572.]

Charles, par la grâce de Dieu, roi de France

de'clare toutes personnes, de quelque religion que soient, estre sans action des faits advenus pendant les troubles en quelque manière que ce soit, voulant que, pour raison de ce, les complaignans demeurent non recevables à se plaindre et que les excès contre eulx commis demem-ent estaintz et assopis, et que ledict s. de Monluc et tous autres qui par son commandement ont été employés ne pourront estre recherchés par les catholiques ni autres, pour quelque occasion que ce soit, ains demourera le tout comprins en nostre édit, en quelque sorte qu'il soit advenu, interdisans à toutes nos courts de parlement, commissaires et autres juges, en tant qu'ils ayment le repos de nostre royaulme et le bien de nostre service, d'en prendre aulcune court, juridiction ou cognoissance sur peyne de nullité et à toutes parties d'en faire poursuyte sous peine de tous dépens, dommages et intérêts et d' estre déclairés infracteurs de nos intérêts.

Blois, 8 avril 1572.

(Copie du temps; Bibl. nat., coll. Dupuy, vol. 500, f" 139. — L'original ou une autre copie est indiqué par le P. Lelong, n" 33676, comme appartenant à l'abbé de Rotbelin.)

1. Le prince de Béarn, e'tant né le 14 de'cembre 1553, avait un peu moins de quatorze ans lorsqu'il écrivit cette lettre.

2. Les lettres d'abolition en faveur de Monluc furent ratifiées par une déclaration de Henri III, datée du 3 mai 1583, et dont la copie est conservée à la Bibliothèque nationale (coll. Dupuy, vol. 500, f° 140). Ces lettres furent présentées pour être enregistrées au parlement de

Page 1