Varicave^ sentier. Voyez Ducange, v° Varicare
DE BLAISE DE MONLUC. j67
qu'il y a audict Moncievy, qu'il falloict que nous allissions longuement par dedens, n'y ayant eaue que jusques au genoil. Et croy (jue par là je y feusse entré, encores qu'il n'eust de rien servy, de tant qu'il eust failleu que j'eusse passé par le chemin des aultres, veu que les estrangiers nous donnoint la loy : mais ilz en portarent la peine, car on en massacra plusieurs à l'yssue de la ville. Et avois prins dix soldatz d'avantage plus que des vingt-cinq, pour me tenir escorte à passer le Maupas, qu'ainsi s'appelle, qu'est demy mil delà Marennes^ où l'on ne failloict guières jamais d'y trouver rencontre de la garnison de Fossan. Et au dessus, et à main droicte du Maupas, y avoict une hostelerie abandonnée, que de là on pouvoict veoir tout ce qui vennoict devers Savillan pour venir à Cayras^ et d'icelluy audict Savillan. Et comme je descendiz en la plaine, tirant droict au Maupas, il y avoict soixante soldatz ytaliens de Fossan ; et pource que je regardois tousjours vers ceste hostellerie, qu'est sur ung lieu bault, je viz partir la trouppe, qui alloict gaigner le Maupas du costé de Cairas, pour m'ai 1er combatre en ce destroict, que feust cause que je tornay cbemin à main droicte, et les allis prendre par derrière et vins à l'hostellerie. Et comme ilz m'apperceurent, volsirent gaigner le cbemin de Fossan pour soy retirer; il y avoict quatre cbevaulx qui les mennoinct. Toulesfoys je les porsuyvis de si près, que je les conslraignis se jecter dens une maison où il y avoict une estable tout contre, à laquelle je mis le feu ;