‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 100 sur 574 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Ces figures ne doivent pas être prodiguées. Racine s'en sert très-rarement. Cependant il a imité ce vers dans Andromaque^ :

3[ener en conquérant sa nouvelle conquête.

Il dit aussi - :

Vous me voulez aimer, et je ne puis vous plaire

Vous m'aimeriez, madame, en n^ie voulant haïr.

Non ego paucis Offendar maculis ^.

Vers o. Et de toute la gloire acquise à ses travaux

Faire un illustre hommage à ce peu que je vaux.

Cette manière de s'exprimer est absolument bannie. On dirait à présent, dans le style familier, au peu que je vaux. L'épi-/ thète d'illustre gâte presque tous les vers où elle entre, parce! qu'elle ne sert qu'à remplir le vers, qu'elle est vague, qu'elW n'ajoute rien au sens.

Vers 9. .le vous vois à regret, tant mon cœur amoureux Trouve la cour pour vous un séjour dangereux.

Il ne sied point à une princesse de dire qu'elle est amoureuse, / et surtout de commencer une tragédie par des expressions qui ne conriennent qu'à une bergère naïve. Nous avons observé ailleurs qu'un personnage doit faire connaître ses sentiments sans . j les exprimer grossièrement ^ . Il faut qu'on découvre son ambition, ! \ sans qu'il ait besoin de dire je suis ambitieux; sa jalousie, sa colère, ses soupçons, et qu'il ne dise pas je suis colère, je suis \ soupçonneux, jaloux, à moins que ce ne soit un aveu qu'il fasse de ses passions.

Vers io.. La haine que pour vous elle a si naturelle...

L'inversion de ce vers gâte et obscurcit un sens clair, qui est la haine naturelle qu'elle a pour vous. Que Racine dit la même chose bien plus élégamment !

Des droits de ses enfants une mère jalouse Pardonne rarement au fils d'une autre épouse ^.

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