‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 119 sur 574 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Laisser de la fumée est inintelligible. D'ailleurs, la fumée des feux militaires est une figure trop bizarre. Le second vers est du bas comique.

Vers 139. Le temps pourra donner quelque décision Si la pensée est belle, ou si c'est vision.

Même style et même défaut.

Vers 161 Cependant si vous trouvez des cliarmes

A pousser plus avant la gloire de vos armes, Nous ne la bornons point.

Pousser plus avant une gloire ^ ?

Vers 181. La pièce est délicate.

Le mot pièce ne dit point là ce que l'auteur a prétendu dire. C'est d'ailleurs une expression populaire, lorsqu'elle signifie intrigue.

Vers 183. Je n'y réponds qu'un mot, étant sans intérêt.

Comment peut-il dire qu'il est sans intérêt, après avoir dit publiquement, au premier acte, que Laodice est sa maîtresse, qu'il n"a quitté l'armée que pour venir prendre sa défense ? Voudrait-il cacher son amour à Flaminius et le tromper? Un tel dessein convient-il à la fierté du caractère de Nicomède ? Flaminius ne doit-il pas être instruit ?

Vers 184. Traitez cette princesse en reine comme elle est.

Il faut comme elle l'est pour l'exactitude ; mais comme elle l'est serait encore plus mauvais.

Vers 190. N'avez-vous, Nicomède, à lui dire autre chose?

Cette interrogation de Prusias, qui n'a rien dit pendant le cours de cette scène, n'a-t-elle pas quelque chose de comique ?

Vers 191. Non, seigneur, si ce n'est que la reine, après tout, j

Sachant ce que je puis, me pousse trop à bout. \

Cette expression est encore comique, ou du moins familière ; Racine s'en est servi dans Bajazet- :

Poussons à bout l'ingrat.

Mais le mot ingrat, qui finit la phrase, la relève. Ce sont de

petites nuances qui distinguent souvent le bon du mauvais.

1. (( Xicomède, dit Palissot, peut aspirer à pousser plus avant ses conquêtes, et par conséquent la gloire de ses armes. »

Page 1