‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 191 sur 574 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

discuté comme s'il s'agissait d'un procès : nulle tendresse de mère, nulle crainte, nul retour sur soi-même. Il ne faut pas s'étonner si on ne peut plus jouer cette pièce.

Vers 49. L'assassin de Laïus est digne du trépas, etc.

Quoique le théâtre permette quelquefois un peu d'exagération, je ne crois pas que de telles maximes soient approuvées des gens sensés. Comment peut-on reconnaître un monarque sous l'habit d'un paysan ? Le Gascon qui a écrit les Mémoires du duc de Guise, prisonnier à Naples, dit que les princes ont quelque chose entre les deux yeux qui les distingue des autres hommes^. Cela est bon pour un Gascon ; mais ce qui n'est bon pour personne, c'est d'assurer qu'on est digne de mort quand on se défend contre trois hommes dont l'un, par hasard, se trouve un roi. Cette maxime parait plus cruelle que raisonnable.

Qu'on se souvienne que Montgomery ne fut pas seulement mis en prison pour avoir tué malheureusement Henri II, son maître, dans un tournoi.

SCÈXE ÏII.

Vers 45. Mais si je vous nommois quelque personne chère, .Emon votre neveu. Créon votre seul frère, Ou le prince Lycus, ou le roi votre époux. Me pourriez-vous en croire, ou garder ce courroux ?

Ce tour que prend Phorbas suffirait pour ôter à la pièce tout son tragique. Il semble que Phorbas fasse une plaisanterie; si je vous nommais quelqu'un a qui vous vous intéressez, que diriez-vous? C'est là le discours d'un homme qui raille, qui veut embarrasser ceux auxquels il parle ; et rien n'est plus indécent dans un subalterne.

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