SCÈNE I
Quel est le lecteur qui ne sente pas combien ce terrible sujet est affaibh dans toutes les scènes? J'avoue que la diction vicieuse, obscure, sans chaleur, sans pathétique, contribue beaucoup aux vices de la pièce ; mais la malheureuse intrigue de Thésée et de Dircé, introduite pour remplir les vides, est ce qui tue la pièce. Peut-on souffrir que, dans des moments destinés à la plus grande terreur, OEdipe parle froidement de se battre en duel demain avec Thésée ? Un duel chez des Grecs, et dans le sujet d'OEdipe ! Et ce qu'il y a de pis, c'est qu'OEdipe, qui se voit l'auteur de la désolation de Thèbes et le meurtrier de Laïus, Thésée, qui doit craindre que le reste de l'oracle ne soit accompli, Thésée, qui doit être saisi d'horreur et l'inspirer, s'occupent tous deux de la crainte d'un soulèvement de ces pauvres pestiférés, qui pourraient bien devenir mutins.
\ Si vous ne frappez pas le cœur du spectateur par des coups ■ toujours redoublés au même endroit, ce cœur vous échappe. Si vous mêlez plusieurs intérêts ensemble, il n'y a plus d'intérêt.