‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 223 sur 574 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Qu'Achille aime autrement que Tircis et Philène*.

Un vieux capitaine romain qui fait remarquer ses soupirs à sa maîtresse est au-dessous de Tircis : car Tircis soupirera sans le dire, et ce sera sa maîtresse qui s'en apercevra.

Qu'un amant passionné soit attendri, ému, troublé, qu'il soupire; mais qu'il ne dise pas : Voyez comme je suis attendri, comme je suis ému, comme je suis touché, comme je soupire. Cette pusillanimité dans laquelle Corneille fait tomber Sertorius et Viriate est une preuve bien manifeste de ce que nous avons dit tant de fois 2, que l'amour s'était emparé du théâtre très-longtemps avant Racine ; qu'il n'y avait aucune pièce où cette passion n'entrât, et c'était presque toujours mal à propos.^ Encore une fois'\ l'amour n'a jamais bien été traité que dans les scènes du Cid, imitées de Guillem de Castro, jusqu'à VAndromaque de Racine; je dis jusqu'à VAndromaque, cardans la Thébaïde et ddins Alexandre on sent que Racine suit la mauvaise route que Corneille avait tracée : c'est l'unique raison peut-être pour laquelle ces deux pièces n'intéressent point du tout.

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