‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 231 sur 574 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Vers 1 . L'inimitié qui règne entre nos deux partis

N'y prend pas de l'honneur tous les droits amortis. Comme le vrai mérite a ses prérogatives Qui prennent le dessus des haines les plus vives, L'estime et le respect sont de justes tributs Qu'aux plus fiers ennemis arrachent les vertus.

Cet amortissement des droits, ces prérogatives du vrai mérite gâtent un peu ce commencement du discours de Pompée. Prérogatives n'est pas le mot propre, et des prérogatives qui prennent le dessus des haines! Rien n'est moins élégant. Quand même ces deux vers seraient bons, ils pécheraient en ce qu'ils sont inutiles; ils affaibhraient ces deux beaux vers si nobles et si simples :

L'estime et le respect sont les justes tributs Qu'aux cœurs même ennemis arrachent les vertus.

]\ Piiendetrop, voilà la grande règle.

Vers 3. Gomme le vrai mérite a ses prérogatives, etc.

Cette phrase, ce comme, ne conviennent pas à Pompée. Cela sent trop son rhéteur. Ce tour est trop apprêté, cette expression trop prosaïque. Le défaut est petit ; mais il faut remarquer tout dans un dialogue aussi important que celui de Pompée et de Sertorius»

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