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SCÈNE IV

Après une scène de politique, il n'est guère possible que jamais une scène de tendresse puisse réussir. Le cœur veut être mené par degrés : il ne peut passer rapidement d'un sujet à un '■■ autre, et toutes les fois qu'on promène ainsi le spectateur d'objets en objets, tout intérêt cesse. C'est une des raisons qui empêchent presque toutes les tragédies de Corneille d'être touchantes \ il paraît qu'il a senti ce défaut, puisque Sertorius et Pompée ont parlé d'Aristie à la fm de la scène précédente ; mais ils n'en ont parlé que par occasion.

Vers 3. Suivant qu'on m'aime ou hait, j'aime ou hais à mon tour, etc.

Ce vers et les suivants sont un peu du haut comique, et ôtent à la femme de Pompée toute sa dignité.

Vers 43. Mon feu, qui n'est éteint que parce qu'il doit l'être. Cherche en dépit de moi le vôtre pour renaître, etc.

Ce feu qui cherche Le feu de Pompée, ce courroux qui trébuche, en un mot cette scène entre un mari et une femme ne passerait pas aujourd'hui.

Vers 17. M'aimeriez-vous encor, seigneur?— Si je vous aime!

Ce qui fait en partie que cette scène est froide, c'est précisément cette chaleur que Pompée essaye démettre dans sa réponse à sa femme. S'il est vrai qu'il l'aime si tendrement, il joue le rôle d'un lâche de l'avoir répudiée par crainte de Sylla ; et Pompée ainsi avili ne peut plus intéresser les spectateurs, comme on vient de le faire voir. Aristie plaît encore moins, en ne paraissant que pour dire à Pompée qu'elle prendra un autre mari s'il ne veut

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