‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 239 sur 574 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Vers 1. Pourrai-je voir la reine? etc.

Cette scène de Sertorius avec une confidente a quelque chose de comique. {Les scènes avec les subalternes sont d'ordinaire trèsfroides dans la tragédie, à moins que ces personnages secondaires n'apportent des nouvelles intéressantes, ou qu'ils ne donnent lieu à des explications plus intéressantes encore^Mais ici Sertorius demande simplement des nouvelles. Il veut savoir où vont les sentiments de Viriate, quoique des sentiments n'aillent point. Thamire semble un peu le railler, en lui disant que Perpenna, offert par lui, fléchira le dédain de la reine ; et Sertorius répond qu'il a pour elle un violent respect. Cela n'est pas fort tragique.

Vers ! 9 Je préférerais un peu d'emportement

Aux plus humbles devoirs d'un tel accablement, etc.

Avouons que Sertorius et cette suivante débitent un étrange galimatias de comédie. Ce violent respect que l'aspect de Viriate fait régner sur les plus doux vœux de Sertorius, ce peu de respects qui ressemblent aux respects de Sertorius, ce respect qui ne sait que trouver des raisons pour un autre, et cette suivante qui préférerait un peu d'emportement aux plus humbles devoirs d'un accablement ; enfin l'autre qui lui réplique qu'il n'en est rien parti capable de lui nuire, et qu'un soupir échappé ne pût détruire : ce n'est pas le lutin qui a fait de tels vers!

Vers 34. Ah! pour être Romain je n'en suis pas moins homme!

Ce vers a quelque chose de comique; aussi est-il excehent dans la bouche du Tartuffe, qui dit :

Ah! pour être dévot je n'en suis pas moins homme ^ ! mais il n'est pas permis à Sertorius de parler comme le Tartuffe.

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