‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 25 sur 574 · ACTE II, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE Vil

Vers 77. Je demeure à vos yeux muet d'étonnement.

Il faut éviter cette petite méprise, et ne pas dire qu'on est muet quand on parle; il pouvait dire : fai resté jusqu'ici muet d'étonnement.

Vers 78. Je sais ce que je dois, madame, au grand service Dont vous avez sauvé l'héritier de iMaurice.

Cela n'est pas français ; c'est un barbarisme.

Vers 84. J'aimois, vous le savez, et mon cœur enflammé Trouve enfin une sœur dedans l'objet aimé.

On a déjà vu qu'il n'aimait guère. Tous les mouvements du €œur sont étouffés jusqu'ici, dans cette pièce, sous le fardeau d'une intrigue difficile à débrouiller. Il n'était guère possible qu'au seul Corneille de soutenir l'attention du spectateur, et d'exciter un grand intérêt dans la discussion embrouillée d'un sujet si compliqué et si obscur ; mais malheureusement ce Martian s'explique d'une manière si froide, si sèche, et en si mauvais vers, qu'il ne peut faire aucune impression.

Vers 91 . Il faut donner un chef à votre illustre bande. Une bande ne se dit que des voleurs.

Vers 96. Il n'eut rien du tyran qu'un peu de mauvais sang.

L'erreur OÙ l'on a été longtemps qu'on se faisait tirer son mauvais sang par une saignée a produit cette fausse allégorie. Elle se trouve employée dans la tragédie d'Andronic : Quand fai du mauvais sang je me le fais tirer ^ ; et on prétend qu'en effet Philippe II avait fait cette réponse à ceux qui demandaient la grâce de don Carlos. Dans presque toutes les anciennes tragédies, il est toujours question de se défaire d'un peu de mauvais sang ; mais le grand défaut de cette scène est qu'elle ne produit aucun des mouvements tragiques qu'elle semblait promettre.

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