ACTE DEUXIEME
On retrouve dans ce second acte des étincelles du feu qui avait animé l'auteur de Cinna et de Polyeucte, etc. Cependant la pièce de Corneille n'eut qu'un médiocre succcès, et la Sophonisbe de Mairet continua à être représentée. Je crois en trouver la raison jusque dans les beaux endroits même de la Sophonisbe de Corneille. Éryxe, cette ancienne maîtresse de Massinisse, démêle très-bien l'amour de Massinisse pour sa rivale : tout ce qu'elle dit est vrai ; mais ce vrai ne peut toucher. Elle annonce ellemême que Sophonisbe est aimée : dès lors, plus d'incertitude dans l'esprit du spectateur, plus de suspension, plus de crainte.
1. C'est à son père, et non à Polyeucte, que Pauline fait cet aveu. L'édition do 106 i et les éditions postérieures portent :
Et j'ai, poir l'accepter, éteint le plus beau feu Qai d'une âme bien née ait mérité l'aveu.