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SCÈNE IV

Vers 'I Pardonnez-vous à cette inquiétude

Que fait de mon destin la triste incertitude?

.' On a dit que ce qui déplut davantage dans la Sophonisbe de

/ Corneille, c'est que cette reine épouse le vainqueur de son mari

i ;le même jour que ce mari est prisonnier. Il se peut qu'une telle

/ iindécence, un tel mépris de la pudeur et des lois, ait révolté tous

les esprits bien faits. Mais les actions les plus condamnables, les

piiis j£Vûl tantes, soiittrè^r^ûavent admises dans la tragédie,

quand elles sont amenées et traitées avec un grand art. Il n'y en I j a point du tout ici ; et les discours que se tiennent ces deux amants n'étaient pas capables de faire excuser ce second mariage dans la maison même qu'habite encore le premier mari.

Pardonnez, monsieur, à l'inquiétude que l'incertitude de mon destin fait. Jugez l'excès de ma confusion. Si ce qu'on vit d'intelligence entre nous ne nous convaincra point d'une vengeance indigne. Mais plus Vinjure est grande, d'autant mieux éclate la générosité de servir une ingrate, mise par votre bras lui-même hors d'état d'en reconnaître l'éclat.

Cet horrible galimatias, hérissé de solécismes, est-il bien propre à faire pardonner à Sophonisbe l'insolente indécence de sa conduite?

On ne peut excuser Corneille qu'en disant qu'il a fait Cinna. {Fin de la scène.) Scène froide encore, parce que le spectateur sait déjà quel parti a pris Massinisse, parce qu'elle est dénuée de grandes passions et de grands mouvements de l'âme.

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