SCENE I
Vers 1. Dis-moi donc, lorsqu'Otlion s'est offert à Camille \ A-t-il paru contraint? a-t-elle été facile? Son hommage auprès d'elle a-t-il eu plein effet ? Comment l'a-elle pris, et comment l'a-t-il fait? etc.
Racine a encore pris entièrement cette situation dans sa tragédie de Bajazet. Atalide a envoyé son amant à Roxane ; elle s'informe en tremblant du succès de cette entrevue, qu'elle a ordonnée elle-même, et qui doit causer sa mort. La délicatesse de ses sentiments, les combats de son cœur, ses craintes, ses douleurs, sont exprimés en vers si naturels, si aisés, si tendres, que ces vraies beautés charment tous les lecteurs.
Mais ici. Corneille commence sa scène par quatre vers dont le ridicule est si extrême qu'on n'ose plus même les citer dans des ouvrages sérieux : Dis-moi donc, lorsqu'Otlion, etc.
Plautine exprime les mêmes sentiments qu'Atahde :
En regardant son change ainsi que mon ouvrage, etc.
Atalide est dans des circonstances absolument semblables; mais c'est précisément dans ces mêmes situations qu'on voit la prodigieuse dilférence qu'il y a entre le sentiment et le raisonnement, entre l'élégance et la dureté du style, entre cet art charmant qui développe avec une vérité si touchante tous les replis du cœur, et la vaine déclamation ou la sécheresse.