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SCÈNE II

Vers 1 Que venez- vous m'apprendre?

Corneille, qu'on a voulu faire passer pour un poëte qui dédaignait d'introduire l'amour sur la scène, était tellement accoutumé à faire parler d'amour ses héros qu'il représente ici un vieux ministre d'État comme amoureux de Plautine ; et cette Plautine lui répond par des injures. On peut, dans les mouvements violents d'une passion trahie, et dans l'excès du malheur, s'emporter en reproches; mais Plautine n'a aucune raison de parler ainsi au premier ministre de l'empereur, qui la demande en mariage : ce trait est contre la bienséance et contre la raison. Ce qui est bien plus extraordinaire, c'est que Martian, à qui Plautine fait le plus sanglant outrage en lui reprochant très-mal à propos sa naissance, lui dit ensuite : Madame, encore un coup, souffrez que je vous aime. L'amour de ce ministre, les réponses de Plautine, et tout ce dialogue, révoltent et refroidissent. Ce n'est là ni peindre les hommes comme ils sont ni comme ils doivent être, ni les faire parler comme ils doivent parler.

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