SUR AGÉSILAS
TRAGÉDIE r.EPRÉSENTÉE EN 1666.
PRÉFACE DU COMMENTATEUR
Despréaux f'"' "'"''"' '"""" "'"' ^' ™°"''« 1"« P^"' "^ '^«t ^^
J'ai vu l'Agésilas; Hélas!
II eut tort sans doute de faire imprimer, dans ses ouvra-es ce mot, qui n'en valait pas la peine; mais il n'eut pas tort de lé dire La tragédie à'AgésUas est un des plus faibles ouvrages de Corneille. Le public commençait à se dégoûter. On trouve dans une lettre manuscrite d'un homme de ce temps-là, qu'il s'éleva un murmure très-désagréable dans le parterre, à ces vers d'Aglatide :
Hélas!... je n'entends pas des mieux Comme il faut qu'un hélas s'explique; Et lorsqu'on se retranche au langage des yeux, Je suis muette à la réplique.
Ce même parterre avait passé, dans la pièce d'Othon, des vers W^aucoup plus répréhensibles, en faveur des beautés des pre- 2îT '''"'^; "'''" "'^ ^^^'' "°"" -le pareilles beautés dans Svri' r,, '-f "'■'■ ^ ^°™''"'' 1"'" vieillissait. Il donnait un excenft ' lu P'''''^''' *°"' '"' «"^' «'''P"'^ 1625, si vous en vite ^^ /,•?'' '""■' 'P^'~'"«'-''« et Œdipe : il travaillait trop
réno'nd.il n ?""''"• ^'''^"°"' ^' ''''"" ^'^' "« «« ^'-tune, qui ne répondait pas a son mérite, et qui le forçait à travailler.
AoiZs m-tiM ''"' ^' '"'■''"'" "'^^ ^''' fl"'» employa dans Af/csdas nuisit beaucoup au succès de cette tragédie. Je crois, au
contraire, que cette nouveauté aurait réussi, et qu'on aurait prodigué les louanges à ce génie si fécond et si varié, s'il n'avait pas entièrement négligé dans Agésilas, comme dans les pièces précédentes, l'intérêt et le style.
Les vers irréguliers pourraient faire un très-bel effet dans une tragédie ; ils exigent, à la vérité, un rliythme différent de celui des vers alexandrins et des vers de dix syllabes; ils demandent un art singulier : vous pouvez voir quelques exemples de la perfection de ce genre dans Quinault ^ :
Le perfide Renaud me fuit :
Tout perfide qu'il est, mon lâche cœur le suit.
Il me laisse mourante, il veut que je périsse.
A regret je revois la clarté qui me luit : L'horreur de l'éternelle nuit Cède à l'horreur de mon supplice, etc., etc.
Toute cette scène, bien déclamée, remuera les cœurs autant que si elle était bien chantée ; et la musique même de cette admirable scène n'est qu'une déclamation notée.
Il est donc prouvé que cette mesure de vers pourrait porter dans la tragédie une beauté nouvelle dont le public a besoin pour varier l'uniformité du théâtre.
Le lecteur doit trouver bon qu'on ne fasse aucun commentaire sur une pièce qu'on ne devrait pas même imprimer : il serait mieux, sans doute, qu'on ne publiât que les bons ouvrages des bons auteurs ; mais le public veut tout avoir, soit par une vaine curiosité, soit par une malignité secrète, qui aime à repaître ses yeux des fautes des grands hommes.
La tragédie d'Agcsilas est à la vérité très-froide, et aussi mal écrite que mal conduite. Il y a pourtant quelques endroits où on retrouve encore un reste de Corneille. Le roi Agésilas dit à Lysander- :
En tirant toute à vous la suprême puissance,
Vous me laissez des titres vains.
On s'empresse à vous voir, on s'efforce à vous plaire ; On croit lire en vos yeux ce (ju'il faut qu'on espère; On pense avoir tout fait quand on vous a parlé. iMon palais près du vôtre est un lieu désolé... Général en idée, et monarque en peinture, De ces illustres noms pourrois-je faire cas,