SCÈNE VI
Vers 17. Moi-môme je me hais. Néron, tant détesté, N'a point à cet excès poussé sa cruauté.
Autre exagération puérile. Quelle comparaison y a-t-il à faire d'un homme qui n'épouse point sa maîtresse à un monstre qui fait assassiner sa mère ?
Vers 20. Allons, Rome en dira ce qu'elle en voudra dire.
— Quoi, seigneur! — Je ne sais, Paulin, ce que je dis.
Dire et dis font un mauvais effet. Je ne sais ce que je dis est du style comique, et c'était quand il se croyait plus austère que Brutus, et plus cruel que Néron, qu'il pouvait s'écrier : Je ne sais ce que je dis.
Vers 27. Et le peuple, élevant vos vertus jusqu'aux nues, Va partout de lauriers couronner vos statues.
Élevant vos vertus, etc. ; ni cette expression, ni cette cacophonie, ne semblent dignes de Racine.
Versdern. Pourquoi suis-je empereur? pourquoi suis-je amoureux?
Tous ces actes finissent froidement, et par des vers qui appartiennent plus à la haute comédie qu'à la tragédie. Il ne doit pas demander pourquoi il est empereur. Amoureux est d'une idylle; amoureux est trop général. Pourquoi dois-je quitter ce que je dois adorer? Pourquoi suis-je forcé à rendre malheureuse celle qui mérite le moins de l'être ? C'est là (du moins, je le crois) le sentiment qu'il devait exprimer.