‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 341 sur 574 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Vers 3 Plus nous approchons de ce grand hyménée,

Plus en dépit de moi je me trouve gênée.

On saura bientôt de quel hyménée on parle; mais on ne saura point que c'est Domitie qui parle ; et le lieu où elle est n'est point annoncé.

Cette Domitie, fille de Gorbulon, est amoureuse de Domitian, qui l'est aussi d'elle. Il est vrai que cet amour est froid ; mais il est vrai aussi que, quand Domitian et sa maîtresse Domitie s'exprimeraient avec la tendre élégance des héros de Racine, ils n'en intéresseraient pas davantage, ffl y a des personnages qu'il ne /[faut jamais représenter amoureux : les grands hommes, comme (Alexandre, César, Scipion, Caton, Cicéron, parce que c'est les j avilir; et les méchants hommes, parce que l'amour dans uneâme \ féroce ne peut jamais être qu'une passion grossière qui révolte au lieu de toucher, à moins qu'un tel caractère ne soit attendri ' et changé par un amour qui le subjugue. Domitian, Caligula, Néron, Commode, en un mot tous les tyrans qui feront l'amour , àT^rdipaira. déplairont toujours. Dès que Domitian est l'amoureux de^la pièce, la pièce est tombée.

1. Représentée également en 1G70, huit jours après la pièce de Racine.

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