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SCÈNE V

Vers 5. Je vous comprends tous deux, vous arrivez d'Athènes.

Ariane tombe dans la même méprise que Bérénice, qui impute au trouble de Titus un tout autre sujet que le véritable. Il vaudrait mieux peut-être qu'Ariane demandât à Pirithoûs si les Athéniens ne s'opposent pas à son mariage avec Thésée, plutôt que de soupçonner tout d'un coup qu'ils s'y opposent ; mais enfin cette méprise, ne servant qu'à faire éclater davantage l'amour d'Ariane, intéresse beaucoup pour elle.

Vers 15. Et comment pourroit-il avoir le cœur si bas Que tenir tout de vous et ne vous aimer pas?

Ces deux vers sont imités de ces deux-ci de Sévère dans

Polyeucte^ :

Un cœur qui vous chérit; mais quel cœur assez bas Auroit pu vous connoître et ne vous chérir pas ?

Ce mot bas n'est tolérable ni dans la bouche de Sévère, ni dans celle de Pirithoiis. Un homme n'est point du tout bas pour connaître une femme et ne la pas aimer ; et ce n'est point à Pirithoûs à dire que son ami aurait le cœur bas, s'il n'aimait pas Ariane : de plus, ce n'est point une bassesse d'être perfide en amour. Chaque chose a son nom propre, et sans la convenance des termes il n'y a rien de beau.

Vers 27 Les moindres lâchetés

Sont pour votre grand cœur des crimes détestés.

Cette impropriété de termes déplaît à quiconque aime la justesse dans les discours. Le mot de lâcheté ne convient pas plus que celui de bas : et l'ardeur sans pareille pour la gloire est déplacé quand il s'agit d'amour. Cette scène ressemble encore à celle où Antiochus vient annoncer à Bérénice qu'elle doit renoncer à Titus ; mais il y a bien plus d'art à faire apprendre le malheur de Bérénice par son amant même qu'à faire instruire Ariane de sa disgrâce par un homme qui n'y a nul intérêt.

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