ACTE III, SCÈNE III. 3Ib
Que de foiblesse! Il faut l'empêcher d'en jouir, Combattre incessamment son infidèle audace. Allez, Pirithous, revoyez-le, de grâce.
Et si les vers étaient meilleurs, ce sentiment rendrait Phèdre supportable.
Vers 46. Nous avancerions peu, madame, il vous adore.
Le personnage de Pirithous est un peu lâche : est-ce à lui d'encourager Phèdre dans sa perfidie ?
Vers 38. Quoi! je la trahirois, etc.
L'art du dialogue exige qu'on réponde précisément à ce que l'interlocuteur a dit. Ce n'est que dans une grande passion, dans l'excès d'un grand malheur, qu'on doit ne pas observer cette règle : l'âme alors est toute remplie de ce qui l'occupe, et non de ce qu'on lui dit. C'est alors qu'il est beau de ne pas bien répondre^ mais ici Pirithous ouvre à Phèdre la voie la plus convenable et la plus honnête de réussir dans sa passion : cette passion même doit la forcer à répondre à l'ouverture de Pirithous.