‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 386 sur 574 · BAjazet, acte IV, scène v · texte numérisé non relu

BAjazet, acte IV, scène v

sentiments les plus naturels peuvent donner. C'est surtout dans la peinture des passions qu'il faut que le style soit pur, et qu'il n'y ait pas un seul mot qui embarrasse l'esprit, car alors le cœur n'est plus touche.

Ariane s'écarte malheureusement de la nature à la fin de cette scène : c'est ce qui achève de la défigurer. Elle dit qu'elle doit donner à son cœur une cruelle gêne. Son cœur, dit-elle, l'a trahie, en lui faisant prendre un amour trop indigne. Il faut qn^elle trahisse son cœur, à son tour; et elle punira ce cœur de ce qu'il n'a pas connu qu'il parlait pour un traUre, en parlant pour Thésée. C'est là le comble du mauvais goût. Un style lâche est presque pardonnable en comparaison de ces froids jeux d'esprit dans lesquels on s'étudie à mal écrire.

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