SCÈNE III
La scène du prétendu comte de Salsbury avec la reine a quelque chose de touchant ; mais il reste toujours cette inquiétude et cet embarras qui font peine. On ne sait pas précisément de quoi il s'agit. Le crime ne suit pas toujours l'apparence : craignez les injustices de ceux qui de sa mort se rendent les complices. La reine doit donc alors, séduite par sa passion, penser comme Salsbury, croire Essex innocent, mettre ses accusateurs enlre les mains de la justice, et faire condamner celui qui sera trouvé coupable.
Mais, après que ce Salsbury a dit que les injustices rendent comphces les juges du comte d'Essex, il parle à la reine de clémence; il lui dit que la clèinence a toujours eu ses droits, et qxx'elle est la vertu la plus digne des rois. Il avoue donc que le comte d'Essex est criminel. A laquelle de ces deux idées faudra-t-il s'arrêter? A quoi faudra-t-il se fixer? La reine répond qu'Essex est trop fier, que c'est Vordinaire écueil des ambitieux, qaHl s'est fait un outrage des soins quelle a pris pour détourner Forage, et que si la tête du comte fait raison à la reine de sa fierté, cest sa faute. Le spectateur a pu passer de tels discours ; le lecteur est moins indulgent.
Vers 45. Il mérite sans doute une honteuse peine,
Quand sa fierté combat les bontés de sa reine.
Pourquoi mérite-il une honteuse peine s'il n'est que fier? Il la mérite s'il a conspiré; si, comme Cécile l'a dit, du comte de