ACTE y, SCÈINE IV
Vers 37. N'est-il pas, n'est-il pas ce sujet téméraire,
Qui, faisant son malheur d'avoir trop su te plaire,
S'obstine à préférer une honteuse fin
Aux honneurs dont ta flamme eût comblé son destin?
Que le mot propre est nécessaire, et que sans lui tout languit ou révolte ! Peut-on appeler sujet téméraire un homme qui ne peut avoir de l'amour pour une vieille reine? Le dégoût est-il une témérité ? Essex est téméraire d'ailleurs ; mais non pas en amour, non pas parce qu'il aime mieux mourir que d'aimer la reine. Ces répétitions, n est-il pas, n'est-il pas, ne doivent être employées que bien rarement, et dans les cas où la passion effrénée s'occupe de quelque grande image.
Vers 9. Ton cœur s'est fait esclave; obéis, il est juste.
Ce vers est parfait, et ce retour de l'indignation à la clémence est bien naturel. CCest une belle péripétie, une belle fin de tra- [ gédie, quand on passe de la crainte à la pitié, de la rigueur au / pardon, et qu'ensuite on retombe par un accident nouveau, mais \ vraisemblable, dans l'abîme dont on vient de sortir.