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Pièces inédiles de Voltaire

Nous VOUS avions promis un récit très-fidèle

De ce qu'on fait dans ce séjour Bâti par un ministre adoré de la cour, Et qui sera la demeure éternelle

Et de la gloire et de l'amour.

Monsieur le maréchal est allé dans la ville,

Dont sûrement il reviendra

Tout aussitôt qu'il le pourra; Car, hélas ! des vertus elle n'est plus l'asile.

Pour la dame du château, A qui les dieux devraient porter envie, S'ils pouvaient envier ce qu'ils font de plus heau, Elle a très-peu de compagnie.

Vous savez que ses agréments Lui tiennent lieu de tout le monde ; Elle sait égayer par cent amusements Cette solitude profonde.

Nous qui voyons tous les jours ses beaux yeux. Nous la trouvons toujours nouvelle ; Et si nous désirons quelque chose en ces lieux, Nos désirs ne sont que pour elle.

Pour le jeune marquis, j'avouerai franchement

Que le long du jour il s'ennuie,

Et qu'il bâille très-fréquemment.

Vous en êtes la cause, encor qu'innocemment : C'est vous qui lui donnez cette mélancolie. Votre absence est souvent la source de l'ennui ;

Et son bonheur serait extrême

S'il se pouvait que, loin de lui,

Vous vous ennuyassiez de même.

xAIadame de Vogué vient tout en ce moment

De faire une parodie.

Que l'on trouve très-jolie, Et qui mérite assurément Que dans le Mercure galant Au mois prochain on la publie.

Avec un petit compliment.

Boissieux, doux, poli, complaisant, Et que vous devriez connaître, A l'esprit d'autant plus plaisant Qu'il semble moins songer à l'être ; Il est d'un aimable entretien, Badinant parfois sur un rien Avec un air simple et sincère.

A l'égard du pauvre Voltaire, On ne vous en écrira rien :

Il est comme à son ordinaire ; Passant un peu pour un vaurien.

Et ne s'en embarrassant guère , Car il est très-homme de bien.

Et très-occupé de vous plaire.

Les Muses partagent son temps ; Seulement tout ce qui l'étonné, C'est qu'il passa toujours parmi les médisants Pour avoir chansonné les gens. Et que c'est lui que l'on chansonné.

Adieu. La dame de céans Souhaiterait qu'il se pût faire Que Germaine troquât Persans ^ Pour son beau château solitaire.

Car vous êtes bien son affaire.

Et surtout celle de l'enfant Dont cette Vénus est la mère.

Chacun vous fait son compliment.

Signé Villars.

Plus bas,

Voltaire.

1. Germaine est M"'« de Saint-Germain, et Persans, le nom delà terie qu'elle habitait.

SUPPLÉiMENï AUX POÉSIES. 383

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