DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS A M. LE DUC DE BRANCAS
Vous voulez devenir poëte, Et les vers qu'on vous a dictés.
Et votre prose et vos pâtés. Par nous ont été fort goûtés :
Notre cour est très-satisfaite De tant de rares qualités ; Elle vous boude et vous regrette.
Venez donc recevoir le prix De ces aimables bagatelles ; Quittez Ghloé, quittez Daphnis :
Leurs amours sont trop naturelles Pour un Socrate à cheveux gris.
Votre femme ici vous rappelle ; Et l'amour qui vole autour d'elle.
Eu souriant vous tend les bras ; Faut-il que votre amour légère Ait abandonné tant d'appas Pour le sérail de La Jonchère- ?
\. Pièces inédites de Voltaire, 1820.
!2. Ce La Jonchère est. le trésorier général des guerres, et non l'écrivain famélique qui faisait de beaux traités de finances, en demandant l'aumône à M. do
Ne craignez point de Macao ; Vous devez aimer sa morsure.
Envoyez votre ami Brogiio :
Il sait tant la sainte Écriture !
Et le philosophe Noce A vous critiquer empressé, Et tous les savants d'Épicure.
Enfin venez en liberté Dans le séjour de l'abondance, Revoir le tuteur de la France Et le vôtre, sans vanité; Surtout soyez en assurance Sur le chevalier de Grancé.
Voltaire, et qui le menaçait d'un libelle s'il n'en obtenait point de secours. Il eut plus d'un imitateur, tels que Guyot-Merville, Nonotte, et son libraire Fez, etc. Voltaire répondait à tous de la même sorte, c'est-à-dire en se moquant d'eux.
Voyez dans la Correspondance générale la lettre à Fez, du 17 mai 1762 ; et pour La Jonchère, les Honnêtetés littéraires, le Mémoire sur la Satire, et la lettre à M™*' Denis, du 20 décembre 1753. (Note du premier éditeur.)
VP.