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SUR LE DISCOURS SUR VINÉGALITÉ DES CONDITIONS DE J.-J. ROUSSEAU

Page 14. «... La nature en use précisément avec eux comme la loi de Sparte avec les enfants des citoyens : elle rend forts et robustes ceux qui sont bien constitués, et fait périr tous les autres, différente en cela de nos sociétés, oti l'État, en rendant les enfants onéreux aux pères, les tue indistinctement avant leur naissance. »

Sur la marge, et en regard de ces trois mots soulignés par lui, Voltaire écrit : « Obscur et mal placé. »

Page 22. « ... Si elle nous a destinés à être sairis^ i'ose presque assure^' que l'état de réflexion est un état contre nature, et que l'homme qui médite est un animal dépravé. »

Les quatre mots soulignés et le trait tiré en regard de ces trois lignes indiquent que Voltaire y voulait mettre une note, laquelle manque.

Page 32. « ... La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L'homme éprouve la même impression; mais il se reconnaît libre d'acquiescer ou de refuser, et c'est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de l'âme : car la physique explique en quelque manière le mécanisme des sens et la formation des idées; mais dans la puissance de vouloir, ou plutôt de choisir, et dans le sentiment de cette puissance, on ne trouve que des actes purement spirituels, dont on n'explique rien par les lois de la mécanique, »

Voilà une assez mauvaise métaphysique.

Page 34. « ... Il serait affreux de louer comme un être bienfaisant celui qui le premier suggéra à l'habitant des rives de l'Orénoque l'usage de ces

1. Imprimées par M. Edouard Gardet dans le Bulletin du Bibliophile et du Bibliothécaire de Techener, xiv* série, 1860, p. 1527. Ces notes avaient été écrites par Voltaire en marge du Discours sur l'origine et le fondement de l'inégalité parmi les hommes, Marc-Michel Rey, Amsterdam, 1755.

2. Nous n'avons reproduit du te>\te de Rousseau que ce qui nous a paru indispensable à l'intelligence des notes de Voltaire. En cas d'insuffisance, le lecteur sera toujours à même de recourir à sa bibliothèque.

Toutes ces notes de Voltaire sont très-lisiblement écrites à la plume. (Note de M. Gardet.)

ais qu'il applique sur les tempes de ses enfants et qui lui assurent du moins une partie de leur imbécillité et de leur bonheur originel. »

Les sauvages aplatissent le front de leurs enfants afin qu'ils tirent aux oiseaux qui passent au-dessus de leurs têtes.

Page 38. ce ... Je remarquerais qu'en général les peuples du Nord sont plus industrieux que ceux du Midi, parce qu'ils peuvent moins se passer de l'être... ))

Cela n'est pas vrai : tous les arts viennent des pays chauds.

Page 42. «... Toutes choses qu'il leur a fallu faire enseigner par les dieux, faute de concevoir comment ils les auraient apprises d'eux-mêmes... »

Non. Ils firent des dieux de leurs bienfaiteurs.

Page 47. ce ... Au lieu que dans cet état, primitif, n'ayant ni maisons ni cabanes... »

Ridicule supposition.

Page 54. ce ... Si un chêne s'appelait A, un autre chêne s'appelait B, de sorte que plus les connaissances étaient bornées, et plus le dictionnaire devint étendu... »

Il s'appelait au moins AB, puisqu'il ressemblait à A.

Page 60. (( ... Quant à moi, effrayé des difficultés qui se multiplient, et convaincu de l'impossibilité presque démontrée que les langues aient pu naître et s'établir par des moyens purement humains, je laisse à qui voudra d'entreprendre la discussion de ce difficile problème... »

Pitoyable.

Page 61. « ... Enfin, il est impossible d'imaginer pourquoi, dans cet état primitif, un homme aurait plutôt besoin d'un autre homme qu'un singe ou un loup de son semblable... »

Parce qu'il y a dans l'homme un instinct et une aptitude qui n'est pas dans le singe.

Page 66. «... Il dit précisément le contraire pour avoir fait entrer mal à propos dans le soin de la conservation de l'homme sauvage le besoin de satisfaire une multitude de passions qui sont l'ouvrage de la société et qui ont rendu les lois nécessaires... »

Le sauvage n'est méchant que comme un loup qui a faim.

Pages 72 et 73. « .... C'est la raison qui engendre l'amour-propre; c'est la réflexion qui le fortifie... »

Quelle idée! Faut-il donc des raisonnements pour vouloir son bien-être?

Page 76. « ... Avec des passions si peu actives et un frein si salutaire, les hommes, plutôt farouches que méchants, et plus attentifs à se garantir du mal qu'ils pouvaient recevoir que tentés d'en faire à autrui, n'étaient pas sujets à des démêlés fort dangereux... »

Fou que tu es, ne sais-tu pas que les Américains septentrionaux se sont exterminés par la guerre ?

Page 79. « ... Or il est facile de voir que le moral de l'amour est un sentiment factice, né de l'usage de la société et célébré par les femmes avec beaucoup d'habileté et de soin pour établir leur empire et rendre dominant le sexe qui devrait obéir. »

Pourquoi?

Page 80. (( ... L'imagination, qui fait tant de ravages parmi nous, ne parle point à des cœurs sauvages... »

Qu'en sais-tu? As-tu vu des sauvages faire l'amour?

Page 83. ce ... Or, aucun de ces deux cas n'est applicable à l'espèce humaine, où le nombre des femelles surpasse généralement celui des mâles... D

Il naît plus de mâles, mais au bout de vingt ans le nombre des femelles excède.

Page 84. « ... Concluons qu'errant dans les forêts, sans industrie, sans parole, sans domicile, sans guerre et sans liaisons, sans nul besoin de ses semblables, sans nul désir de leur nuire^ peut-être même sans jamais en reconnaître aucun individuellement, l'homme sauvage, sujet à peu dépassions et se suffisant à lui-même, n'avait que les sentiments et les lumières propres à cet état, qu'il ne sentait que ses vrais besoins, ne regardait que ce qu'il croyait avoir intérêt de voir, et que son intelligence ne faisait pas plus de progrès que sa vanité... »

C'est conclure un bien mauvais roman.

Page 88. (( ... Là où il n'y a point d'amour, de quoi servira la beauté?.., »

La beauté excitera Tamour, et l'esprit produira les beaux-arts.

Page 91. u ... Après avoir montré que la perfectibilité^ les vertus sociales et les autres facultés que l'homme naturel avait reçues en puissance ne pouvaient jamais se développer d'elles-mêmes, qu'elles avaient besoin pour cela du concours fortuit de plusieurs causes étrangères qui pouvaient ne pas naître, et sans lesquelles il fût demeuré éternellement dans sa condition primitive, il me reste à considérer et à rapprocher les différents hasards qui ont pu perfectionner la raison humaine, en détériorant l'espèce, rendre

un homme méchant en le rendant sociable, et d'un terme si éloigné amener enfin l'homme et le monde au point où nous les voyons... »

Quoi ! ne Tois-tu pas que les besoins mutuels ont tout fait?

Page 95 (seconde partie). « ... Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : « Ceci est à moi, » et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : « Gardez-vous d'écouter cet imposteur; vous êtes perdus si vous « oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne!... »

Quoi ! celui qui a planté, semé et enclos, n'a pas droit aux fruits de ses peines... Quoil un homme injuste et voleur aurait été le bienfaiteur du genre humain ! Voilà la philosophie d'un gueux!

Page 105. ce ... Car plus les événements étaient lents à se succéder, plus ils sont prompts à décrire... »

Ridicule.

Page 1M. « ... Et la plus douce des passions reçoit des sacrifices de sang humain... »

Une passion qui reçoit des sacrifices!...

Page 114. « ... Tandis que rien ?i" est si doux que lui dans son état primitif... y>

Et quand il fallait disputer la nature...

Pages 115-116. a ... Ainsi, quoique les hommes fussent devenus moins endurants et que la pitié naturelle eût déjà souffert quelque altération, ce période du développement des facultés humaines, tenant un juste milieu entre l'indolence de l'état primitif et la pétulante activité de notre amourpropre, dut être l'époque la plus heureuse et la plus durable. »

Quelle chimère que ce juste milieu!

Page 118. « ... Pour le poëte, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes et perdu le genre humain ; aussi l'un et l'autre étaient-ils inconnus aux sauvages de l'Amérique, qui pour cela sont toujours demeurés tels... »

Les Mexicains et les Péruviens, subjugués par les sauvages espagnols, étaient très-civilisés. iMexico était aussi beau qu'Amsterdam.

Page 4i9. «... C'est qu'elle est (l'Europe) à la fois la plus abondante en fer et la plus fertile en blé... »

Faux.

Pages 119-420. « ... D'un autre côté, on peut d'autant moins attribuer cette découverte à quelque incendie accidentel que les mines ne se forment que dans des lieux arides et dénués d'arbres et de plantes, de sorte qu'on dirait que la nature avait pris des précautions pour nous dérober ce fatal secret... »

Le fer est produit en masse dans les Pyrénées.

Pages 4 53-154. « ... Puffendorf dit que tout de même qu'on transfère son bien à autrui par des conventions et des contrats, on peut aussi se dépouiller de sa liberté en faveur de quelqu'un. C'est là, ce me semble, un fort mauvais raisonnement: car premièrement le bien que j'aliène me devient une chose tout à fait étrangère, et dont l'abus m'est indifférent; mais il m'importe qu'on n'abuse point de ma liberté, et je ne puis, sans me rendre coupable du mal qu'on me force de faire, m'exposer à devenir l'instrument du crime... »

Très-beau.

Page 162. «... En un mot, d'un côté furent les richesses et les conquêtes, et de l'autre le bonheur et la vertu... »

Tarare.

Page 171. « ... Je montrerai que c'est à cette ardeur de faire parler de soi, etc., etc.. »

Singe de Diogène, comme tu te condamnes toi-même!

Ibidem. «... Ils cesseraient d'être heureux si le peuple cessait d'être misérable, etc.. »

Comme tu outres tout ! comme tu mets tout dans un faux jour!

Page 174. « ... enverrait.... tout ce qui peut inspirer aux différents ordres une défiance et une haine mutuelles par l'opposition de leurs droits et de leurs intérêts, et fortifier, par conséquent, le pouvoir qui les contient tous... »

Si le pouvoir royal contient et réprime toutes les factions, tu fais le plus grand éloge de la royauté contre laquelle tu déclames...

Page 202. « ... Et comme les gros chevaux prennent leur accroissement en moins de temps que les chevaux fins, ils vivent aussi moins de temps et sorti vieux dès Vâqe de quinze ans... » (Note sur la durée de la vie des chevaux.)

SUPPLÉMENT AUX v^UVRES EN PROSE 473

Faux. J'ai eu deux chevaux de carrosse qui ont Técu trentecinq ans.

Page 209. «... Tel est en abrégé le tableau moral, sinon de la vie humaine, au moins des prétentions secrètes du cœur de tout homme civilisé... » {Note sur un passage de la page 34.)

Et encore plus de tout sauvage, s'il peut.

Page 211 {même note). « ... Goûts que les sauvages ni les animaux ne connurent jamais, et qui ne sont nés dans les pays policés que d'une imagination corrompue... »

On a trouvé cette turpitude établie en Amérique ; et dans les livres juifs qu'on nous fait lire, y a-t-il un peuple plus barbare que les sodomites ?

Page 212 {même note). « ... Que serait-ce si j'entreprenais de montrer l'espèce humaine attaquée dans sa source même, etc.. «

Malheureux Jean-Jacques, dont les carnosités sont assez connues, pauvre échappé de la vérole, ignores-tu qu'elle vient des sauvages?

Page 218 {même noté). «... Quant aux hommes semblables à moi, dont les passions ont détruit pour toujours l'originelle simplicité, et qui ne peuvent plus se nourrir d'herbe et de gland, ni se passer de lois et de chefs ; ceux qui furent honorés dans leur premier père de leçons surnaturelles ; ceux qui verront, dans l'intention de donner d'abord aux actions humaines une moralité qu'elles n'eussent de longtemps acquise, la raison d'un précepte indifférent par lui-même et inexplicable dans tout autre système, etc.. »

Galimatias.

Page 220 {note sur la page 35). « ... On sait que les Lapons, et surtout les Groenlandais^ sont fort au-dessous de la taille moyenne de l'homme... »

Faux.

Ibid. (suite), « ... On prétend même qu'il y a des peuples entiers qui ont des queues comme des quadrupèdes... »

Faux.

Page 247 (7iote sur la page 47). « ... Enfin M. Locke prouve tout au plus qu'il pourrait bien y avoir dans l'homme un motif de demeurer attaché à la femme lorsqu'elle a un enfant ; mais il ne prouve nullement qu'il a dû s'y attacher... »

Tout cela est abominable, et c'est bien mal connaître la nature.

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