Il y a dans les OEuvres de Zappi : Si scusa Lucrezia
2. Zappi. transportant les habitudes de sa profession dans la poésie, a fait un autre sonnet sur Lucrèce, où il soutient tout le contraire et conclut :
lucauta e stolta!
Ebbe iû pregio il parer, non l'esser casta.
'^. Il y a ici un vers douteux, quelque chose comme : *
C'ercai chi mi godosse. — Io lo vorria. — Mais la leçon n'est pas certaine.
Ed invitai il mio ben. — Nonfoste stolta. — Ei venne e si spoglio. — Bene; e spoliato?
Mi fotlè. — Gia me I' ero immaginato.
Ma ditemi di grazia, una sol volta? — S]. — E questo, per Dio, è un gran peccato*.
Sopra i preti.
Non sa quel che sia amor, non sa che vaglia La caritade; e quindi avvien che i preti Sono si ingorda e si crudel canaglia^.
Faits singuliers de l'histoire de France.
Si on avait trouvé 50 écus au trésor royal pour envoyer au duc de Guise, il n'y aurait point eu de barricades.
Ce qui détermina Louis XIII, à l'âge de seize ans, à faire assassiner Concini, c'est qu'on lui avait refusé 1,500 écus. Concini, sur ce refus, avait dit au roi : « Sire, que ne vous adressezvous à moi? ))
Le duc d'Épernon, accusé de l'assassinat de Henri IV par La Garde,
Prisonnier à la Bastille ayant toujours un masque de fer, soupçonné d'être un frère aîné de Louis XIV.
La philosophie de Descartes proscrite par lettre de cachet, sous Louis XIV, en 1675.
Charles VII banni par arrêt du parlement.
Procès de Henri III commencé par le parlement : Michon et Courtin, enquêteurs.
Arrêt du parlement contre l'antimoine et pour Aristote.
1. Cette petite pièce est un sonnet incomplet dont nous avons vainement demandé l'auteur aux érudits italiens.
2. Ces vers sont détachés de la satire de l'Arioste à Annibal Malaguzzi. Ils ne sont bien compréhensibles que si l'on a sous les yeux les vers qui les précèdent et que voici :
Senza moglie a lato
Non puote uomo in bontade esser perfetto.
Ne senza si puô star senza peccato ; Chè chi non ha del suo, fuori accattarne, Mendicando o rubandolo, è sforzato.
E chi s'usa a beccar de l'altrui carne, Diventa ghiotto, ed oggi tordo o quaglia, Diman fagiani, uno altro di vuol starne :
Non sa quel che sia, etc.
En France, les rois de la première race donnaient tous les bénéfices.
La femme de saint Louis fit promettre à un chevalier français de la tuer au cas qu'elle tombât au pouvoir des Sarrasins. « J'y avais déjà pensé, madame », répondit le chevalier.
Aux derniers États de 16U, le cardinal du Perron eut l'insolence de dire à la chambre du tiers état, de la part du clergé, qu'on excommunierait ceux qui oseraient soutenir que le pape ne peut pas déposer le roi.
Louis le Jeune fut obligé de se faire couper la barbe, sur les remontrances de Pierre Lombard, ëvêque de Paris.
Depuis Louis le Jeune jusqu'à François I", tout menton français fut rasé. On voit encore une lettre de François second au chapitre de Reims pour le prier de recevoir un archevêque barbu, parce qu'il allait dans un pays où la barbe était de mode.
Tout a changé en France : gouvernement, langue, habits, manière de combattre.
Au procès du duc d'Alençon, les présidents eurent la préséance : c'est le premier exemple.
Notre roi Jean accorda une charte pareille à celle que Jean sans Terre donna; mais les Français ne sont pas faits pour la liberté : ils en abuseraient.
L'ordre du tiers état commence sous Philippe le Rel.
Règlement des états sous Charles YI.
Sous Charles IX, règlement pour les habits, lois somptuaîres, preuve de pauvreté.
On portait, sous Henri II, des braguettes d'un pied, au fond desquelles on mettait d'ordinaire une orange qu'on présentait aux dames. Alors les dames baisaient tout le monde à la bouche.
Pascal second demanda pardon à Louis le Débonnaire d'avoir accepté le pontificat sans sa permission ; mais, peu de temps après, les papes voulurent être souverains des empereurs mêmes.
Jean, roi de France, fit couper la tête à Raoul, connétable, à l'hôtel de Nesle, sans forme de procès.
Henri III, pour avoir fait tuer le duc de Guise sans lui couper la tête avec un peu de cérémonie, passa pour un assassin.
Sous le roi Jean, un nommé La Rivière, mort en prison, eut la tête coupée après sa mort.
Le parlement bannit Charles VII, condamna le duc de Lorraine sous Charles VI à être écartelé, le duc de Mercœur sous Henri IV, la maréchale d'Ancre à être brûlée comme sorcière, fit instruire le procès de Henri III, mit à prix la tête de l'amiral Coligny et du cardinal Mazarin (chacune à cinquante mille écus, c'est un prix fait), donna un arrêt pour Aristote et un contre l'éniétique.
Dans l'antichambre de la chapelle de Sixte-Quint est peint le massacre de la Saint-Barthélémy : Pontifex Colinii necem probat.
Le gouvernement de France, d'Espagne, ne veut qu'une religion. Le gouvernement turc permet toutes les sectes aux peuples conquis.
En une république, le tolérantisme est le fruit de la liberté et l'origine du bonheur et de l'abondance.
Les rois sont avec leurs ministres comme les cocus avec leurs femmes : ils ne savent jamais ce qui se passe.
Faits concernant le siècle de Louis XIV, tirés de VHlstoire de Hollande.
1672. Les Anglais dans leur manifeste ayant dit que les Hollandais avaient fait frapper des médailles abusives, insultantes, ils répondirent qu'il n'y en avait qu'une de vraie, et ainsi des tableaux abusifs. Le tout, faute de s'entendre.
Lorsque Louis XIV porta la terreur dans Amsterdam et que cette ville imprenable craignit d'être prise, chacun s'empressa de retirer son argent de la Banque. Tout le monde fut payé. On retrouva les mêmes monnaies déposées au temps de la fondation de la Banque, et noircies encore du feu qui en avait approché lorsque la Maison de Ville brûla. (Voyez Gourville.)
Il est faux que le roi ait pu empêcher Amsterdam de noyer le pays en se saisissant de Marden.
Louis XIV ordonna aux habitants d'Utrecht, qui s'étaient enfuis, de revenir, sous peine de pillage de leurs maisons.
Louvois faisait offrir de l'argent à tous les commandants des places ennemies avant de les assiéger, témoin Du Cerceau, qui
commandait au sac de Gand, à qui on offrit 10,000 écus, et qui en donna avis au roi Guillaume, alors prince d'Orange.
Il exigea des sommes immenses de toutes les villes, 16,000 florins de celle de Vourde.
Le chevalier Temple eut le courage de dire à Charles 11, roi d'Angleterre : « Sire, Gourville, le Français le plus sensé que j'aie jamais connu, m'a dit qu'un roi d'Angleterre qui veut être plus que l'homme de son peuple n'est plus rien. »
1672. Assassinat des deux frères de Witt.
1673. Un Écossais, nommé Jean Frazer, vint à Amsterdam pour mettre le feu à la flotte hollandaise, action qui l'eût immortalisé en Angleterre, et qui le ût expirer sur la roue en Hollande.
1675. Ruyter, en partant pour la Méditerranée, sur laquelle il fut tué, dit : (( Quand les États m'ordonneront d'aller attaquer l'ennemi avec un seul vaisseau, je hasarderai toujours ma vie où l'État hasardera sa bannière. »
1677. Le prince d'Orange, mal secouru et souvent malheureux à la guerre, dit au Pensionnaire, qui lui conseillait de céder et de faire la paix : « J'ai vu un batelier qui, avec un petit bateau, ramait contre le courant d'une écluse. L'eau l'a repoussé vingt fois; mais enfin, à force de patience, il a passé. » Ainsi fit le prince d'Orange.
1678. Le parlement d'Angleterre supplie son roi de faire la guerre à Louis XIV, jusqu'à ce qu'il soit réduit au traité des Pyrénées.
Alors la France conduisait si bien ses affaires qu'on disait à
Rome : Tutti l Franccsi matti sono morti ^
1682. En ce temps-là, tout l'empire fut persuadé de la nécessité de conserver les Provinces-Unies dans la forme de leur gouvernement, qui ne peut avoir Tesprit de conquête.
Épiscopaux, presbytériens, ennemis jurés, mais réunis contre Jacques.
Le jésuite Peters, cause de son malheur.
Réflexions sur rorigine du pouvoir des jésuites. Saint Ignace était un imbécile ; renonciation aux dignités par
L C'est-à-dire : « Tous les Français fous sont morts. » La phrase italienne a été absolument défigurée par le copiste.
humilité, cause de leur grandeur. Vœu d'enseigner la jeunesse au lieu d'aller prêcher les infidèles, parce que les chemins étaient alors impraticables. Leur gouvernement monarchique, ayant toujours à leur tête un vieillard expérimenté et modéré.
Chrétiens divisés en deux factions, ecclésiastique et séculière : origine de tout trouble.
Dans la guerre de Paris, le parti royal eut enfin le dessus, parce que ses ennemis furent toujours divisés d intérêt. Personne ne combattit pour la liberté, et, le peuple n'ayant, dans cette guerre, ni le fanatisme de la reUgion, ni l'enthousiasme de la liberté, tout fut bientôt calmé. En ce temps, les horreurs les plus honteuses se commettaient avec un esprit de plaisanterie, et on faisait la guerre avec des chansons et des vaudevilles.
Empoisonnement dont parle Joly, etc.
Commencement des troubles, douze charges de maître de requêtes créées.
Faits tirés de l'histoii^e de Turenne.
Prêtres commandent des armées : Richelieu, La Valette, Sourdis.
1639. La Valette général en Piémont.
M. de Turenne disait : c J'ai appris la guerre sous quatre maîtres : le prince Henri d'Orange m'apprit à camper et à conduire les projets d'une campagne; le duc de Weimar, à faire beaucoup avec peu de forces, à réparer les fautes sans songer à les excuser, à me faire aimer des soldats ; le cardinal de La Valette, à oublier les plaisirs de la cour; et le comte d'Harcourt de Lorraine, à profiter de la victoire. »
Quelle impertinence à Ramsay de dire que Cromwell révolta les Anglais contre Charles I" ! Cromwell n'était pas connu au commencement des guerres civiles.
Quelle sottise de parler des guerres civiles de France au temps où elles furent apaisées et de rompre ainsi l'ordre des temps et l'enchaînement des faits !
Que de choses étrangères à l'histoire de Turenne ! Les ailes sont plus grandes que le corps de logis.
1650. Turenne, beaucoup plus faible que ses panégyristes ne le représentent, trahit le roi, dont il commandait l'armée, et il n'y
eut d'autre raison de sa trahison que son amour pour M'"« de Longueville, qui se moquait de lui. Il trahit, en 1672, le secret du roi par une semblable faiblesse pour M"^' de Coetquen, qui le paya du même mépris.
Il sauva par sa prudence, à Réthel toute la France, l'Empire à Marie ndal, à Cambrai TEscurial.
La duchesse de Longueville et lui firent un traité avec l'Espagne. Turenne voulut débaucher l'armée qu'il commandait ; mais il fut sur le point d'être arrêté, et le marquis de La Ferté tailla en pièces quelques troupes que le vicomte avait entraînées dans sa révolte.
Condé méprisé par Gromwell, qui ne voulut jamais s'unir avec lui.
Je crois qu'on ne peut guère juger du génie et des vues d'un ministre (me dans le calme des affaires, parce qiralors, étant le maître, it est coupable de tout le bien qu'il ne fait pas; mais, dans la tempête, il n'est point responsable du vaisseau dont on lui arrache le gouvernail : c'est ce qui me fait mépriser Mazarin sans trop admirer Richelieu.
Dans l'Espagne il y eut aussi des raouvements-à l'occasion du jésuite Nitard. Cet homme, qui rassemblait l'insolence d'un Espagnol, d'un jésuite et d'un prêtre, dit au duc de Lerme : « Vous me devez du respect, puisque j'ai tous les jours votre Dieu entre mes mains, et votre roi à mes pieds. »
Il faut bien se souvenir de prévenir le lecteur contre tous ces mémoires imprimés en Hollande, et ces misérables Ana dans lesquels on attribue au roi, au prince de Condé, etc., mille sottises qu'ils n'ont point dites et des bons mots que d'autres ont dits deux cents ans auparavant; par exemple Tair de flûte du duc d'Orléans ; Ce qui est venu par le tambour retourne par la flûte, attribué au violon du duc de Nevers.
Duel.
Lois anciennes pour les duels appelés le jugement de Dieu, et devenus un crime irrémissible. Le prince de Conti fait jurer les États de Provence de ne les plus permettre, en 1663,
51â APPENDICE.
Religion.
Dans les pays où l'on a liberté de conscience, on est délivré d'un grand fléau : il n'y a point d'hypocrites.
Cn homme est pendu pour le service de Philippe V. Son fils demande, pour récompense, un pendu et une fleur de lis pour armes.
Le père Bazar a écrit sérieusement que les noms de Marlborough, Cadogan, Vassener, etc., étaient des noms de diables.
faits détachés de lliistoire de France, qui peuvent serinr d'exemple ou faire connaître le génie du siècle.
L'astrologie avait tellement infatué les princes que le marquis de Saluées quitta le parti de la France pour celui de l'empereur sur une prédiction.
Le parlement de Paris donna un arrêt contre l'empereur Charles-Quint, ce que l'Europe trouva aussi ridicule que son arrêt contre l'antimoine.
Henri VIII fit consulter notre Sorbonne sur son mariage avec Anne de Boulen et acheta leur avis(au rapport de de Thou). Cette digne Sorbonne a condamné Henri III et a justifié l'assassinat du duc d'Orléans.
De Thou est un pauvre physicien ; il dit que, le corps de Zwingle, tué dans la bataille de Saint-Gai, ayant été brûlé, son cœur ne put jamais être consumé, et il assure qu'il y a beaucoup de personnes qui ont une partie de leur corps sur laquelle le feu ne peut agir.
Cette même Sorbonne vint au Louvre accuser l'évêque de Maçon, Pierre Châtelain, d'hérésie, parce qu'il avait dit en son oraison funèbre que François P*- n'avait point passé parle purgatoire ; sur quoi Jean de Mendoze, premier maître d'hôtel du roi, leur (lit : « Messieurs, je sais, etc. ; mais, s'il y a passé, ce n'a été que pour boire un coup. » [De Thou.)
Religion.
Les prêtres sont aux monarques ce que les précepteurs sont aux pères de famille : il faut qu'ils soient les maîtres des enfants, mais qu'ils obéissent au père.
Science.
11 était ridicule autrefois d'être savant, parce que les sciences étaient ridicules en elles-mêmes. Un homme qui savait tout ce que l'École enseigne ne savait que des impertinences ; mais aujourd'hui il est permis même à une femme de savoir, parce qu'en effet la lecture des bons livres et les vérités mathématiques n'ont rien que de respectable. Le goût manquait en France jusqu'à Louis XIV, parce que le royaume n'était pas assez florissant pour que les beaux-arts, qui sont enfants de l'abondance, de la société et de l'oisiveté, fussent de mode.
Politique.
Les pauvres gens, qui prétendent qu'on doit se gouverner à Paris comme à Lacédémone, et que les mêmes lois sont bonnes également pour nos Parisiens voluptueux et pour des Hollandais !
C'est un vieux fou que ce Folard. Ce qu'il y a de plaisant dans cette affaire de Cassar, c'est que Praslin et Uevel y furent blessés à mort.
Quand il plaît au roi de créer des charges, il plaît à Dieu de créer des fous pour les acheter.
Les jésuites font commerce de diamants aux Indes ; ils les enferment dans les talons de leurs souliers, et écrivent qu'ils foulent aux pieds les richesses de l'Europe.
Le cardinal de Fleury a dit à l'ambassadeur de S... que, pour rendre les jésuites utiles, il faut les empêcher d'être nécessaires.
« Il est doux d'être gouverné, me disait M. de F... — Oui, lui dis-je, c'est un plaisir de roi. »
Le docteur Swift dit que les Anglais, pour faire accroire qu'on est riche en Irlande et qu'on peut taxer les Hollandais ^ sans les fouler, viennent chier à leurs portes, et font ainsi courir le bruit qu'on a en Irlande de quoi manger.
Descartes écrit à la princesse Elisabeth que le roi Charles r"" est fort heureux d'être mort par la main du bourreau, que cela est fait tout d'un coup, et que ce sont ceux qui meurent dans les