Dans Atyx, acte IV, scène v
La beauté la plus sévère
Prend piiié d'un long tourment
L'eau qui tombe goutte à goutte Perce le plus dur rocher.
2. La rue des Fossés-Saint-Germain; aujourd'hui (1883), rue de l'Ancicnno- Comcdie.
3. Ces cinq mille livres reviennent aujourd'hui à vingt-cinq ou trente mille francs.
4. L'opéra de Psyché, représenté par l'Académie royale de musique l'an 1678 et celui de Bellérophon, représenté en 1679, sont de Thomas Corneille. C'est à Psyché, tragi-comédie -ballet de Molière jouée en 1671, que Pierre Corneille collabora.
Le roi donnait aux acteurs de l'Opéra, quand ils venaient à Versailles, 3 livres 10 sous par jour, une bougie, un pain, etc. ; un demi-louis à chaque actrice et leurs habits.
Lulli donnait à Bérain A, 000 livres d'appointement, après avoir dissous la société avec Vigarani.
Vigarani est le plus grand machiniste qu'ait eu l'Opéra de Paris, mais il ne travailla qu'au Triomphe de V Amour. On ne voulut pas lui donner 8,000 livres par an qu'il demandait.
Bérain, de POpéra, dit à l'archevêque Harlay : a Monseigneur, je parie 10,000 écus que vous ne donnerez pas une telle abbaye à mon fils? — Parions ! » dit l'archevêque. Bérain eut le bénéfice, et le prélat les 30,000 livres.
M. le duc de Nevers fit les paroles d'un opéra nommé Oron^ée ; Laurenzani fit la musique. L'opéra fut joué au Petit-Luxembourg et sifflé. On donna de l'argent à Leclerc, pauvre académicien, pour donner son nom à ce malheureux enfant.
Nos tragédies, admirables, mais nos spectacles, ridicules et barbares ; nos salles, ingrates pour la voix ; nulle connaissance, jusqu'à présent, de l'architecture théâtrale.
Quelle honte de n'avoir, pour jouer Mithridate et le Tartuffe, que le jeu de paume de l'Étoile, avec un parterre debout et des petits -maîtres confondus avec les acteurs ! En Hollande même, il y a un théâtre convenable.
L'histoire de la Matrone d'Éphèse se trouve dans un vieux livre chinois.
Le lettré Ouang rencontre une jeune femme éplorée, au bord de la mer ; elle était sur le tombeau de son mari et remuait un grand éventail, u Pourquoi ce travail, madame? — Hélas! mon cher mari m'a fait promettre que je ne me remarierais que quand ce tombeau serait sec, et je l'éventé pour le sécher. » Ouang raconte cette histoire à sa femme, qui frémit d'horreur et qui lui jure qu'elle ne se servira jamais de l'éventail. Ouang fait une maladie et contrefait le mort ; on le met au cercueil. Aussitôt parait un jeune homme fort joli, qui vient pour étudier chez le lettré, etc. Il plaît, on l'épouse. Il tombe en convulsions ; son vieux valet fait accroire à la dame qu'il faut la cervelle d'un mort pour le guérir, et la bonne femme va fendre la tête à son mari Ouang, qui sort de son tombeau.
L'histoire de Bertlie, assiégée par Adalbert, Elle fait appeler en secret chaque officier, et couche avec chacun d'eux en les faisant jurer qu'ils ne porteront jamais les armes contre elle. Adalbert, à son tour, est obligé d'y venir lui-même.
Impromptu de Chapelle à Despréaux.
Qu'avec plaisir de ton haut style Je te vois descendre au quatrain, Et que je t'épargnai de bile Et d'injures au genre humain Quand, renversant ta cruche à l'huile, Je te mis le verre à la main!
Impromptu. — De Régnier Desrnarais à Despréaux en le rencontrant à la Grève à 6 heures du matin.
Vous, seigneur, en ces lieux que l'univers abhorre ! Qui vous y fait ainsi courir avant l'aurore? Vous qu'un esprit sublime, un talent sans pareil Y doit conduire un jour, au coucher du soleil.
Cela vaut mieux que l'impromptu :
En revenant de l'école
J'ai rencontré Dametticole, etc.
La F are.
M'abandonnant un jour à la tristesse Sans espérance et même sans désirs, Je regrettais les sensibles plaisirs Dont la douceur enchanta ma jeunesse.
Sont-ils perdus, disais-je, sans retour, etc.
Projet flatteur d'être aimé d'une belle.
Soins concertés de lui faire la cour, Propos galants, serments d'être fidèle, Airs empressés, vous n'êtes point l'amour. Mais se donner sans espoir de retour.
Par son désordre annoncer que l'on aime, Respect timide avec amour extrême, Persévérance au comble du malheur.
Dans son h"is voir un autre soi-même : Voilà l'amour ; il n'est que dans mon cœur.
Saint-Gelais.
Il peut y avoir quatre années Qu'à Philis je voulus compter Trois mille pièces couronnées, Et plus haut j'eusse pu monter.
Chez moi depuis quelques semaines Pour cent écus elle revint.
Je dis qu'elle perdait sa peine Si elle en voulait plus que vingt.
Ce matin elle est arrivée, Pour rien voulant s'abandonner; Mais je l'ai plus chère trouvée Que quand j'en voulus tant donner.
Ferrand.
Il n'en est plus, Thémire, de ces cœurs Tendres, constants, incapables de feindre, Qui d'une ingrate épuisant les rigueurs, Vivaient soumis, et mouraient sans se plaindre. Les traits d'amour étaient alors à craindre. Mais aujourd'hui les feux les plus constants Sont ceux qu'un jour voit naître et voit éteindre. Hélas ! faut-il que je sois du vieux temps.
Cela vaut mieux que le rondeau de Marot :
11 faut premier que l'amour on répande
Et qu'on le mène ainsi qu'on le menait, etc.
Sainte- Aulaire à quatre-vingt-dix ans.
Baccbus et Sylvie Ont partagé ma vie, Bacchus et Sylvie M'occupent tour à tour.
Mais à mon âge On devient sage, Et sans partage Mon dernier jour Doit se consacrer à l'amour.
Impromptu du même.
Bergère, détachons-nous
De Xewton, de Descartes Ces deux espèces de fous iS'avaient pas vu le dessous Des cartes.
Danchet.
C'est une pomme infortunée De qui jadis la destinée Causa le céleste courroux; En voyant les attraits si doux, Iris, dont vous êtes ornée, Adam l'aurait prise de vous.
Et Paris vous l'aurait donnée.
Non je ne me plains point du tour Que me fait celte beauté fière :
Elle voyait un duc dans Lesdiguière, Il était plus beau que le jour :
Moi, je n'avais que mon amour, Encore n'en avais-je guère.
Coigny sous les drapeaux de Mars Tient cette nation polie.
Il est vrai, ce sont des Césars, Mais des Césars en Bithynie.
Quand vous cliantez. petits oiseaux, Tout notre Opéra doit se taire :
Car vous faites des airs nouveaux, Et l'Opéra n'en saurait faire.
A force de forger, on devient forgeron. Il n'en est pas ainsi du pauvre Campistron : A a lieu d'avancer, il recule ; Vovez Herc •'!(>.
Saint-Pavin.
Quand, d'un esprit tendre et discret, En tout l'un à l'autre on défère ; Quand on ne cherche qu'à se plaire Et qu'ensemble on n'est point distrait;
Quand on n'eut jamais de secret Dont on pût se faire un mystère ; Quand on se cherche sans affaire.
Quand on se quitte avec regret;
Quand, prenant plaisir à s'écrire, On en dit plus qu'on n'en veut dire Et beaucoup moins qu'on ne voudrait :
Qu'appelez-vous cela, la belle?
Entre nous deux, cela s'appelle S'aimer beaucoup plus qu'on ne croit.
J'aime à railler, mais sans médire, A réjouir sans faire rire.
Parler sans me faire écouter, Je cherche à plaire sans flatter.
M^^ Guy on.
L'amour pur et parfait va plus loin qu'on ne pense. On ne sait pas, lorsqu'il commence.
Tout ce qu'il doit coûter un jour;
J'eusse ignoré toujours et Bastille et souffrance Si je n'avais connu l'amour.
Fénelon.
Jeune, j'étais trop sage Et voulais tout savoir.
Je n'ai plus en partage
Que le badinage, Et touche au dernier âge Sans rien prévoir.
M. de Fieuhel.
Trompeur, rendez-moi mes désirs, Et je vous rendrai vos plaisirs.
L'espérance était ma nourrice, Son lait était doux et sucré :
Hélas! pourquoi m'a-t-on sevré?
Saint-Pavin à l'abbé d'Aumont.
Abbé, vous avez la naissance, La bonne mine, l'air des grands.
Ces avantages apparents Cachent beaucoup d'insuffisance.
Nature, en formant votre corps, Lui prodigua tous ses trésors, Et lui donna tant d'avantage Que celui qui forma l'esprit En fut jaloux, et, de dépit, Refusa d'achever l'ouvrage.
Bertaut.
Quand je revis ce que j'ai tant aimé, Peu s'en fallut que mon feu rallumé N'en fît le charme en mon âme renaître^ Et que mon cœur, autrefois son captif, Ne ressemblât l'esclave fugitif A qui le sort fait rencontrer son maître.
Charleval.
Je ne suis point oiseau des champs, Mais je suis oiseau des Tournelles, Où, sans choix des saisons nouvelles.
On fait l'amour en tous les temps ; Et nous plaignons les tourterelles, Qui ne se baisent qu'au printemps
Le duc de Xevers sur l'abbé de la Trappe.
Cet abbé, qu'on croyait pétri de sainteté. Vieilli dans les déserts et dans l'obscurité, Orgueilleux de ses croix et fier de ses souffrances,. Rompt ses sacrés statuts en rompant le silence,
6â4 APPENDICE.
Et, contre Fénelon s'animant aujourd'hui,
Du fond de ses déserts déclame contre lui,
Et, moins humble de cœur que fier de sa doctrine,
Il ose décider ce que Rome examine.
M, de La F are.
Quand je goûte avec toi la volupté suprême, Oui, je te jure, Iris, qu'attaché sur tes yeux. Occupé de toi seule et m'oubliant moi-même, Ton plaisir est celui que je ressens le mieux.
Gomhaul.
Dans mes jours fortunés, au printemps de mon âge. Je cherchais une nymphe, illustre, belle et sage. Et qui pût m'inspirer mille ouvrages divers. Telle, et plus merveilleuse, Olympe est arrivée ; Mais le ciel m'a trop tard ses trésors découverts : Je ne cherchais plus rien lorsque je l'ai trouvée.
La Paye.
Abeille, arrivant à Paris, D'abord, pour vivre, vous chantâtes Quelques messes à juste prix; Bientôt après, vous ennuyâtes De Mars un des grands favoris.
Chez qui pourtant vous engraissâtes.
Puis au parterre vous lassâtes Les sifflets, par vous renchéris; Pour récompense vous entrâtes Chez les Quarante beaux esprits, Et sur eux-mêmes l'emportâtes A faire de méchants écrits.
Cela ressemble aux Commandements de Dieu :
Un seul Dieu, etc.
Chaulieu.
Est-ce Sainte-Aulaire ou Toureille Ou tous deux qui vous ont appris A confondre, mon pauvre Abeille,
Dans vos très-ampoulés écrits, La Patience et la Constance'^ Sachez comme on parle à Paris :
Votre longue persévérance A nous donner de méchants vers, C'est ce qui s'appelle Constance, Et dans ceux qui les ont soufferts Cela s'appelle Patience.
Le 7nênie.
Ami lecteur, sans t'expliquer Entre Chapelle et La Chapelle.
Ce qui pourrait t'alambiquer Dans cette édition nouvelle, Lis leurs vers et vois sûrement Que celui qui si sottement Fait parler Catulle et Lesbie, N'est point cet aimable génie Qui fit ce Voyage charmant, Mais quelqu'un de l'Académie.
A l'abbé Fvaguier.
On peut louer dignement un grand roi.
Un cardinal semant partout l'efifroi; Votre discours m'a pourtant ^ ennuyé, Monsieur l'abbé Fraguier !
Rondeau de l'Indifférente.
— Ancien. —
Si tu veux, tu m'aimeras; Si tu veux, je t'aimerai; Comme tu t'aviseras, Aussi bien m'aviserai; Si tu dis que non feras, Je réponds que non ferai.
Si tu veux.
Quand mon ami tu seras, Le tien aussi je serai ; Tout aussi m'en passerai, Comme tu t'en passeras, Si tu veux.
1. On lit partout sur la copie; c'est là évidemment une faute.
Chanson du comle Thibaut pour la reine Blanche, — Il avait été quitté
pour le nonce du pape.
Comme elle sçut me prendre et m'allumer, En beau parler et à cointement rire !
Nul ne l'orroit si tendrement parler Qui ne cuidàt de son cœur être sire.
Ah! traître Amour, ce vous l'ose bien dire, On vous doit bien servir et honorer; Mais Blanche et vous, ne faut pas s'y fier ^
Cette femme fut comme Troie :
Mille héros, sans aucun fruit, Cherchèrent en vain cette proie; Un cheval n'y fut qu'une nuit.
Que ta voix divine me touche, '
Et que je serais fortuné
Si je pouvais rendre à ta bouche
Le plaisir qu'elle m'a donné!
La Faye sur Boindin.
Oui, Vadius, on connaît votre esprit :
Savoir s'y joint, et quand le cas arrive
Qu'œuvre paraît par quelque coin fautive,
Qui d'Hélicon blesse le moindre rit,
Plus aigrement qui jamais la reprit ?
Mais on ne voit qu'en vous aussi se montre Goût de louer le beau qui s'y rencontre. Dont cependant maints beaux esprits font cas. De vos pareils que voulez-vous qu'on pense? Eh quoi! qu'ils sont connaisseurs de beautés 2? Je n'en voudrais tirer la conséquence, Mais bien qu'ils sont gens à fuir de cent pa^^.
Pour la princesse de Conti, dont on disait le roi de Maroc
amoureux.
Pourquoi refusez-vous l'hommage glorieux
1) un roi qui vous attend et qui vous croira belle?
toi qu'n'est'ciïlr '' ''''''' ^'' ^'"' ^'' ^^"^^^"^ ^' Thibaut de Champag 2. Ce vers ne rime point.
ne.
Puisque l'hymen à Maroc vous appelle, Partez ! C'est peut-être en ces lieux Qu'il vous garde un amant fidèle.
Des gouvernantes vénérables, En te tenant sur les genoux, Autrefois te contaient des fables De spectres et de loups-garous; Puis avec des flèches cruelles ^
Ta mère L'a peint les Amours.
Erreurs qu'on prend sans connaissance L'une est la fable de l'enfance, L'autre est la fable des beaux jours.
Xoël.
Bissy, dans la cabane Où Joseph le reçoit, Est placé près de l'àne, Qui rit quand il le voit.
« Si, comme vous, mon père, Lui dit cet animal, D.... m'avait fait braire, Je serais cardinal. »
Dans son divin système Polignac pénétré Va voir TÈtre suprême, Qu'il a cru démontré.
11 se met en chemin ; Mais chaque objet l'arrête, Bergers, rois et moutons,
Dondon.
Partout il s''arrèta,
La la.
Bref, il manqua la fête.
« Seigneur, votre origine, Dit Bouillon au Bambin^ Est-elle bien divine?
Le monde est si malin.
Eussiez-vous comme moi Fouillé tous les chapitres