On lit image dans le manuscrit
Fui bien aussi b que vous,
Mais jamais si grand capitaine.
Blol.
Quand tu punis le Sodomite, Grand Dieu ! ta haine alla trop vite, Et la colère t'aveugla.
La flamme était peu nécessaire Pour détruire ces peuples-là :
Tu n'avais qu'a les laisser faire.
En miniature De Dachi l'on peint les appas; Si l'art imite la nature, Certain endroit n'y sera pas
En miniature.
Non, je ne serai plus dévote, Je ne dirai plus d'oremus Si l'on ne dit : « V.. à la motte », Comme l'on dit : Vita salus.
Du prince de Conti^ à M. le Dm, fils de M. le Prince.
Adressez mieux votre sonnet.
De la déesse de Cythère Votre épouse est ici le plus digne portrait, Et si semblable en tout que le dieu de la guerre, La voyant en vos bras, entrerait en courroux. Mais ce n'est pas la première aventure Oij d'un Condé Mars eût été jaloux.
Adieu, grand prince, heureux époux ; Vos vers semblent faits par Voiture Pour la Vénus que vous avez chez vous.
La Ferté à Pâques.
C'est ici ce grand jour, si l'on en croit l'histoire, Où notre Rédempteur, tout rayonnant de gloire, Triompha de la mort et sortit des enfers : Ami, si tu le crois, va, que l'aze te f.... ; Quand il mourut chacun avait les yeux ouverts, Quand il ressuscita, pas un ne voyait goutte.
Blot.
Vendôme, pour t'avoir guéri de la v
Cuffet ici joue im grand rôle,
Et chacun l'admire en tout lieu;
Mais quoi qu'on dise du mercure, Celui qui t'a guéri de l'abbé de Chaulieu
A fait une plus belle cure.
Le même.
Si défunt l'ami Châteaufort Dans une lettre Pouvait mettre Ce qu'on devient après sa mort, Je paierais le port de la lettre.
Le même.
Allez vous faire f ,
Monsieur de Mazarin.
Quoi! pour un peu de f
Qui sort de votre engin, Voulez- vous mettre en feu la France?
Eh! si la reine voulait
On la chevaucherait,
On la caresserait Tout aussi bien que Votre Éminence, Et si, tout mieux en irait.
Le même.
Son Altesse me congédie :
C'est le prix de l'avoir servie Plus de vingt ans avec honneur.
Nous nous en consolons peut-être .
S'il perd un f serviteur,
Ma foi, je perds un f maître.
De monsieur Rémond voici le portrait :
Il a tout à fait l'air d'un hareng soret, etc,
Massillon, dans ses discours, Nomme les femmes folles;
Elles ne le sont pas toujours, Mais il est fou, le drôle ^
Pourquoi blâmer de ce Tibère Le pauvre président Dupuy?
Si sous son nom il n'a pu plaire, Aurait-il plu plus sous celui De celui qui, pour le lui faire, A reçu cent écus de lui ?
De la pièce des Talents à la mode.
Trop de savoir fait un pédant.
Trop d'ignorance nous assomme, Un peu de tout est justement La devise d'un honnête homme.
Trompeur, rendez-moi mes désirs.
Et je vous rendrai vos plaisirs.
Helvétius.
D'un bras il abaissa l'orgueil du stoïcisme. De l'autre il rétrécit le champ du pyrrhonisme. Entre tous ceux qui vous rendent hommage Il n'en est point qui m'égale en ardeur;
1. Il y a ici un jeu de mots qu'il n'est pas besoin d'indiquer.
Où mieux placer votre charmante image Que dans les mains de qui l'a dans son cœur?
De Psyché seriez-vous l'amant?
De ce dieu seriez-vous la mère?
Sous cet équivoque ornement Vous rassemblez tout l'art de plaire, Et je m'embarque également Et pour Florence et pour Cythère.
Enfin l'on ne parlera plus Du petit nombre des élus, Depuis que madame l'Élue Les fait deux à deux dans la rue.
Margot et le Cordelier.
Margot, sur la brune. En attendant fortune, Vit passer le Père Anfoux.
« Bonsoir, mon Père.
— Bonsoir, ma chère, De cette affaire Parlerons-nous?
— Entrez, entrez, tout est à vous !
Montez, lui dit-elle.
— Quoi ! monter sans chandelle ?
— Montez, lui dit-elle :
Vous faites l'écolier.
— Monter me gêne ; C'est trop de peine.
Allons, ma reine, Cet escalier
Est un lit pour un cordelier. »
Je sers l'amour avec bien plus de zèle Que ne le font tous les autres amants; A six beautés, vigoureux infidèle, Je fais goûter de fortunés moments.
Beaux Céladons, discoureurs de romans, Dont la langueur fait la persévérance,
Votre faiblesse inventa la constance, Les petits soins et les grands sentiments.
Contre la femme de Gomhaud.
Gombaud, ta femme est si jolie, Et de tant de grâces remplie, Que si le grand dieu Jupiter M'en avait donné trois de même, J'en donnerais deux à l'enfer Afin qu'il m'ôtât la troisième.
Régnier.
Un gros abbé se laissait en sa couche Tàter le v.. aux mains d'une nonnain; Mais sous ses doigts languissait son engin, Flasque comme herbe et mort ainsi que souche. Lors la nonnain, qui n'avait point de trêve, Voyant le v.. ainsi demeurer plat, Lui dit : « Abbé, dites Maynifical; Quand on est là tout le monde se lève. »
V Amant fidèle.
En dépit du sort jaloux Qui m'a séparé de vous, Un doux souvenir Saura nous unir; Et mon amour fidèle Par ma mort ne pourra finir, Si l'àme est immortelle.
V Exorciste.
Martin, moine de mise,
Petit Père noir.
En sortant de l'église.
Fit rencontre, un soir, D'une fille en simple chemise, Sortant d'un dortoir.
La voyant fraîche et blonde, Il hésite un peu
Si c'est l'esprit immonde Ou celui de Dieu, Ou si c'est la chair et le monde Qui le met en feu.
« Certain mal me tourmente,
Dit-elle à Martin, Et nuit et jojr je tente Tout remède humain.
A présent je mets mon attente Au secours divin.
« Le démon qui m'agite
Ne se peut chasser ; Il faut de l'eau bénite
Pour l'exorciser, Et je viens, d'une âme contrite,
M'en faire arroser.
— De cette eau fortunée,
Dit le Père noir, J'en ai toute l'année
Un plein réservoir; Et Dieu sait sur vous quelle ondée
Bientôt va pleuvoir. «
Sans autre repartie,
Le dévot profès Prit en cérémonie
Son grand aspergés, Celui-là qu'aux jours de férié
11 portait exprès.
Quoi voyant, la chrétienne
Si fort s'étonna Qu'elle dit une antienne,
Trois fois se signa.
Et trois fois, sans reprendre haleine,
Martin l'aspergea.
Le démon, voyant comme
On le va chassant.
Dit : « Seigneur Dieu ! quel homme !
Quel exorcisant !
Non, jamais le pape de Rome
N'en ferait autant. »
g42 APPENDICE.
Portrait.
Ce vieux seigneur que ronge Un orgueil empressé, La nuit et le jour songe, Et n'a jamais pensé.
Ses yeux tristes font croire Qu'il est chargé d'ennuis ; Moi, je suis Prêt à boire.
En passant l'onde noire
Ne fait-on rien la-bas?
Pour moi, je crois qu'on sait aimer et boire
Au delà du trépas; Mes chers amis, ce qui me le fait croire.
C'est qu'on n'en revient pas.
Dufresny.
Dans Platon ni dans Épicure Je ne vois pas qu'il soit bien établi
S'il est du vide en la nature.
Ou si l'espace est d'atomes rempli :
Dans un buveur la nature décide
Vers du, princp^ royal de Prusse sur la dispute de Voltaire et de Tournemine sur la matière pensante.
Quand Tournemine dit dans sa docte fureur, Nous parlant de longueur, largeur et profondeur, Que notre esprit n'est pas l'effet de la matière, Il n'aura pas compris, l'aveugle téméraire, Qu'il combat le pouvoir de l'Être créateur. Mais qu'il vienne à Berlin, malgré son ignorance; De l'esprit de La Croze admirant la grandeur, Il avouera, voyant cette figure immense, Que la matière pense.
Les lauriers d'Apollon se fanaient sur la terre. Tous les arts languissaient, ainsi que les vertus;
La Fraude aux yeux menteurs et l'aveugle Plutus Entre les mains des rois gouvernaient le tonnerre. La Nature en frëinit et dit à haute voix : « Je veux montrer au monde un règne heureux et juste, Je veux qu'un héros naisse, et qu'il joigne à la fois Les talents de Mrgile et les vertus d'Auguste, Pour le bonheur du monde et l'exemple des rois. » Elle dit, et du ciel les vertus descendirent, Tout le Nord tressaillit, tout l'Olympe accourut; L'olive, les lauriers, les myrtes reverdirent, Et Frédéric parut.
/ Trente Bouts rimes \ Quarante [ Cinquante.
Je souscris sans peine au concile de Trente, J'admirerais la prose et les vers des Quarante, etc.
La Monnoie^, en renvoyant un Horace latin et français.
Il faudrait, soit dit entre nous, A deux divinités offrir ces deux Horaces : Le latin à Vénus, souveraine des grâces ;
Et le français à son époux.
Trois faquins fort à leur aise Ont troublé tout l'univers :
L'un, le Père de La Chaise; L'autre, le Père Péters, Et le bon pape Innocent.
Tous ont bien servi Guillaume :
Jacque en est pour son royaume, Et Louis pour son argent.
Madame Dacier, dans sa préface crAristopliane.
Les Athéniens étaient bien sages de souffrir qu'Aristophane se moquât de leurs superstitions. Plût à Dieu que certains peuples que nous connaissons en usassent ainsi !
On était aussi ignorant en bonne physique du temps du Tasse que du temps de Virgile. Le Tasse, ayant perdu la mémoire dans une maladie de langueur, prie son médecin de lui donner une drogue pour la lui rendre.
Son bon Vieillard d'Ascalon dit que le mont Garniel est si
;i44 APPENDICE.
haut qu'il voit les comètes tout auprès. Cela ressemble au soleil du Baron de Fœneste, qui revenait la nuit, etc.
Ceux qui ne lisent que les anciens sont des enfants qui ne veulent parler jamais qu'à leurs nourrices.
Un mariage, un testament, un caprice, changent tout d'un coup, et pour des siècles, les intérêts de l'Europe.
L'avantage d'Homère sur le Tasse est d'avoir eu des héros véritables ; tous les chefs de l'armée d'Egypte, chez le Tasse, sont imaginaires.
Bernier disait que l'abstinence des plaisirs est un péché.
Marivaux imprima qu'un âne avait mangé un quarteron de beurre enfermé dans une feuille d'Homère. Danchet, son approbateur, ajoute : travesHK
Philosophie.
Le Père Renaud appelle les expériences de Newton un système, et ensuite il propose un système de son fonds, contre ces expériences.
Origine de la physique. /^'= lettre. Hercule physicien ; autorité d'un physicien de cette force.
« J'aime les miroirs, dit le révérend Père. — Je n'en suis pas surpris », reprend l'interlocuteur.
Voyons si le vide existe ailleurs que dans votre bourse. [Idem.)
Dieu ayant créé la nature, la nature a produit le monde.
Le feu tend en bas, selon lui.
Les hommes se trompent, les grands hommes avouent qu'ils se sont trompés. H ne manque au révérend Père qu'un aveu pour être un grand homme.
Il a découvert, livre V, chapitre ccgxlv, que ce sont de petites roues engrenées qui sont les ressorts primitifs de la nature, et que tout est roue. [Livre rare.)
Son plan pour apprendre la musique : division en 124 traités, pour le soulagement de la mémoire, comme étendue, souplesse, sensibilité, justesse, etc. Clavecin oculaire. Il commence par démontrer que les hommes aiment le plaisir, et ensuite que la peinture est un plaisir.
Parmi tous les sophismes et toutes les absurdités dont Platon a farci son Traité de l immortalité de l'âme, on trouve qu'il croyait
1. T/' premier ouvrage de Marivaux (17IG) est un Homère travesti.
que l'on perd les yeux en regardant une éclipse de soleil ailleurs que dans un seau d'eau.
Une de ses preuves de l'immortalité de l'âme est que le dormir naît de la veille, et la veille du dormir.
Roberval et sa clique firent imprimer les imaginations de Descartes sous le nom d'Aristarque de Samos, pour lui imprimer la tache de plagiaire.
Le bon Platon, dans sa République, assure que Dieu n'a pu créer que cinq mondes, parce qu'il n'y a que cinq corps réguliers.
Descartes, dans ses lettres au Père Mersenne, dit qu'il est bien aise que les ministres calvinistes se révoltent contre le mouvement de la terre, parce qu'il espère que les catholiques le croiront par cette seule raison.
Jean de Passilly^ potier déterre au w siècle, est le premier qui ait dit que la terre était pleine de monuments que les eaux y avaient laissés. Les coquillages de Touraine, nommés falun, en sont une bonne preuve ; ils démontrent que ce n'est point un déluge subit qui les a amoncelés, mais que l'eau de la mer les a formés insensiblement par couches, dans un grand nombre de siècles.
Les abeilles mâles meurent après avoir couché avec la reine.
Les Français n'ont point de part aux inventions de la poudre, des moulins à vent, de l'imprimerie, delà faïence, des horloges, des fortifications, de la chimie, de l'algèbre, des manufactures de soie, de glaces, de lunettes, de télescopes, de la géométrie; les beaux-arts cultivés tard : le nouveau monde, la boussole, etc., compas de proportion, machine pneumatique, notes de musique, instruments, opéra, spectacles.
Un bon augustin, nommé Skiller, donna aux douze signes les noms des douze Apôtres.
Un autre imbécile de l'Académie des inscriptions assure que les patriarches ont nommé les douze signes : Gemini, Ésaii et Jacob, Rébecca, la Vierge, etc.
Pline dit que les étoiles tombantes sont des étoiles qui se mouchent.
C'est le Père Schall et Verbiest qui ont saintement appris à
1. Il faut lire sans doute : « B. de Palissy, potier de terre au xvi* siècle. » 32. Appendick. 35
la Chine l'usage du canon ; on n'y connaissait que les feux d'artifice.
L'abbé Hautefeuille revendique les pendules, et intente procès à Huygliens.
Gassendi dit que le monde cache son âge.
Le Père Gastel dit que le dernier satellite de Jupiter succédera à Jupiter, parce que les grands seigneurs tiennent leurs successeurs éloignés.
Physique.
On s'est moqué de Pfthagore pour avoir dit que Dieu avait arrangé le monde suivant des proportions harmoniques ; mais Kepler, au bout de trois mille ans, l'a justifié. Les proportions dans lesquelles les sphères célestes se meuvent pouvaient être harmoniques, sans que pour cela on doive penser que ce soit un concert de musique.
Jean Bernouilli, à dix-huit ans, trouve le calcul différentiel; vient à Paris, est présenté à M. de L'Hôpital ; mal reçu, puis pris pour maître ; fait le livre des infiniment petits, témoin les lettres imprimées à Leipzig.
Boerhaave assure qu'il est impossible de tirer du mercure du plomb ; Grosse assure qu'il en a tiré.
Le hasard fait tout : c'est un cordonnier qui, en s'imaginant qu'il trouverait de l'argent dans la pierre de Boulogne, s'avisa de la calciner, et trouva cette lumière qu'on a depuis trouvée dans tous les métaux.
Le phosphore d'urine, trouvé à peu près de même. Les lunettes, par Métius.
En 1600, Marins de Brandebourg vit les satellites de Jupiter, avant Galilée, qui ne les vit qu'en 1610. Fabricius vit le premier les taches du soleil. Anaximandre de Milet trouva l'obliquité du zodiaque chez les Grecs.
Métius, auteur des télescopes ; Goha, des lunettes ; Copernic, du vrai système ; Gutenberg, de l'imprimerie ; Bacon, de la poudre; Finiguerra, de la gravure des estampes ; Jean de Bruges, de la peinture k l'huile ; Otto de Guéricke, de la machine pneumatique ; Galilée, delarotation dusoleil, delà chute des corps, etc. ; lluyghcns, des pendules (disputés par Hautefeuille) ; Neper, des
logarithmes ; Newton, du calcul intégral et de l'attraction ; Descartes, de l'application à Talgèbre ; De Dominis, de l'explication de l'arc-en-ciel ; Galilée, et non Baltliazar Capra, du compas de proportion ; astrolabe, sous le règne de Juan II, et chez les Chinois, par Martin de Roeme, et par un juif.
Un homme de six pieds fait sur la terre la même figure précisément que fait sur une boule de quatre pieds de circonférence un animal qui serait à cette circonférence déboule comme 1 est à 91,500,001.
Le mille romain est plus court que n"a cru M. Cassini le père ; deux colonnes milliaires trouvées près de Nimes en font foi.
Pline dit que s'il y a un Dieu, c'est le soleil, et se moque de la plurahté.
Le baron de Fœneste dit que la terre est ronde, mais que le soleil revient sur ses pas, et, si on ne le voit pas, c'est qu'il marche de nuit.
En 1572, année de la Saint-Barthélémy, il parut pendant six mois une étoile nouvelle, plus grande que Jupiter, et on ne cria point au miracle.
Philosophie.
Il me parait que toutes les vérités de morale, de physique, d'histoire même, sont également certaines, également vérités ; preuve : le vrai ne reçoit ni plus ni moins. Les vérités mathématiques sont éternelles : jamais un triangle ne sera égal à trois angles! droits, mais bien toujours à deux. Les vérités historiques peuvent changer, Rome peut demain n'être pas ; mais, tandis qu'elle est, son existence est aussi vraie que les propriétés du triangle : car elle ne peut pas être et n'être point. Et voilà le seul fondement des vérités mathématiques.
Un homme fait sur la terre la même figure qu'un pou d'une ligne de hauteur et d'un cinquième de largeur sur une montagne de 15,700 pieds ou environ de circuit.
Sur une statue de Briitiis imparfaite.
Dum Bruti elBgiem sculptor de marmore ponit, In mentem crimen vcnit, et abstinuit.