CHANSONS ORDURIÈRES ET ÉPIGRAMMES
La Monnoie.
Le rossignol, la chèvre et le baudet Passaient auprès d'une noce champêtre.
Le rossignol ouït un coup d'archet :
« De la musique! Allons, je veux en être. » La chèvre aussi du mulet se dépêtre, Voyant danser chacun suivant son goût.
« Pour moi, dit l'àne, en un pré je vais paître. Vous m'avertirez si l'on f... »
Dusse.
Dans un verger, Lubin avec Nicole, Pour n'être pris tandis qu'il l'exploitait, Contre un poirier, tout debout, la bricole, Si que chacun de son côté iruettait.
Or, dans le temps que plus il se hâtait, Nicole pâme, et puis, toute éperdue, Dit à Lubin, qui toujours rabotait :
« Guette tout seul, car j'ai perdu la vue. »
Fiiselier sur Roi.
Au noir chàtel où séjourne justice Quand Roi parut en pimpant conseiller, Dame Thémis vint à se réveiller.
Puis avisant son teint de pain d'épice, Son œil hagard, cria qu'on le saisisse, Car sans égard de robe et de rabat A son ton rauque, à son air de forçat (Merveille n'est de la voir se méprendre),
Thémis ne crut que ce fût magistrat,
Ains un quidam qu'on lui baillait à pendre.
Palaprat.
Monsieur Fabio, que voilà, Nous peint des raisins et des belles.
Quel étrange peintre est-ce là Qui mange et qui f... ses modèles !
Pour M. le duc de Vendôme.
Ce héros que tu vois ici représenté,
Favori de Vénus, favori de Bellone,
Prit la v et Barcelone,
Toutes deux du mauvais côté.
Le même.
Heureux qui n'a chez soi que ce drôle immodeste Des plus fières beautés infaillible vainqueur. On sait oià le mettre de reste, On ne sait où mettre son cœur.
La Fontaine,
D'un v.., d'un c. et de deux cœurs Naît un mélange de douceurs Que les dévots blâment sans cause.
Belle Philis, pensez-y bien.
Aimer sans f est peu de chose,
F sans aimer, ce n'est rien.
La Ferlé.
Le prêtre vit de l'autel Et la p du b ,
Et notre ami Bodau Vit et de l'un et de l'autre ; .
Car notre ami Bodau Est prieur et m
Blot.
Satan, trompant le premier père,
Fit tout périr.
Jésus porta la folle enchère,
Et vint mourir.
Trouvez-vous pas Dieu tout-puissant
Bien raisonnable, D'immoler son fils innocent Pour épargner le diable?
Autereau.
Loth voyant sa ville en feu
D'un haut lieu, But et coucha, grâce à Dieu, Avec sa progéniture.
Oh ! oh ! vertu- dieu!
Quel onguent pour la brûlure !
Un jour le père Massillon, Serviteur de Dieu et du c, Grand scrutateur de la nature, Au coucher de madame d'O, En voyant sa grande ouverture S'écria : 0 Altitudo !
Sur Xi non ^
Il ne faut pas qu'on s'étonne Si souvent elle raisonne De la sublime vertu Dont Platon fut revêtu.
Car, à bien compter son àge^ Elle doit avoir f....
Avec ce grand personnage
Mademoiselle Cujas.
F un seul coup sans y faire retour,
C'est proprement d'un malade le tour.
i . Attribué à Chapelle.
Deux bonnes fois à son aise le faire, C'est d'homme sain suffisant ordinaire.
L'homme galant va même jusqu'à trois, Le moine à quatre, et cinq aucunes fois. Pour six ou sept, ce n'est pas là le lot D'homme d'honneur : c'est pour monsieur Dulot.
De Bausse,
Pasteur, tu ne fais pas comme ces canailles Qui tondent leurs ouailles Pour engraisser leur troupeau :
Tu f... comme un moineau, Content d'un petit fonds.
Tu ne reçois, hormis quelques flacons, Rien que la dîme des c...
Malgré ta barbe grise, Sans tant piailler dans l'église, En tout lieu Tu vas faisant des serviteurs de Dieu.
Après avoir vécu vingt lustres Ci-gît la fameuse Ninon, Qui s'est mise, en dépit du c, Dans le rang des hommes illustres.
Un mathurin, rédempteur assidu.
Pour convertir un Turc, lui disait comme
Adam, mangeant de ce fruit défendu.
Nous damna tous, et comme un Dieu fait homme-
Pour nous sauver fut en croix suspendu.
« Donc, dit le Turc, si j'ai bien entendu,
Votre Dieu fut pendu pour une pomme. »
Dassoucy.
Je ne chante point la pomme Par qui notre premier homme Et le genre humain fut perdu; ^ Mais cette pomme charmante
Par qui mainte déesse gente Au beau Paris montra son c, Dont s'ensuivit un dieu cocu.
Blol.
Qu'un beau pigeon à lire-d'aile Vienne obombrer une pucelle, Rien n'est surprenant en cela :
On en voit autant en Phrygie, Et le beau cygne de Léda Vaut bien le pigeon de Marie.
Vergie7\
Les dieux nous ont formés sur leur divine image ; Ils ne nous ont point faits pour être miilheureux. Vivons contents, leposons-nous sur eux Du soin de sauver leur ouvras-e K
Tandis que madame dormait,
Monsieur b sa chambrière;
Et elle qui la danse aimait Remuait bien fort le derrière; Puis la galande, toute fière, Lui dit : « Monsieur, par votre foi, Qui le fait mieux, madame ou moi? »
— C'est toi, uil-il, sans contredit.
— Saint-Jean, dit-elle, je le crois, Car tout le monde me le dit. »
Saint- Pavin.
Prince, en parlant de vos exploits, Soit dans la paix, soit dans la guerre, On vous compare quelquefois A celui qui donna des lois Aux maîtres de toute la terre.
De votre honneur je suis jaloux; Ce parallèle me fait peine :
César, à le dire entre nous,