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PÈRE ET FILS

i. — A M. DE GHAMPFLOUR, PÈRE.

14 janvier 1762, par Genève, aux Délices.

Je ne regarde point du tout votre lettre, monsieur, comme un compliment du jour de l'an; elle m'est très-précieuse; vous me serez toujours cher, et je désirerai toujours infiniment de vous revoir. Je ne manque jamais de m'informer de vous à tous ceux qui viennent d'Auvergne; ils savent combien je m'intéresse à vous, à votre fortune^ à tout ce qui peut vous intéresser. Je m'imagine qu'on peut êlrc très-heureux au pied des

1. Voir l'opinion émise par Voltaire sur la princesse dans deux lettres adressées, Tune à Catherine II, le 15 mai 1771, l'autre à Marmontel, le 21 juin même année.

2. Inédites. Bibliothèque de la ville de Glermont. Communication de M. E. Labourier.

montagnes d'Auvergne, car je vous assure que je le suis beaucoup au pied des Alpe'. Je passe mes hivers auprès de Genève, et les autres saisons dans des terres assez agréables sur la frontière. On ne peut avoir une position plus convenable à mon goût. Je me trouve entre la France, l'Allemagne et l'Italie, à portée d'être instruit le premier de toutes les sottises qu'on fait en Europe. Je vous demande pardon d'en dire tant, mais les vieillards aiment à parler. Ce que j'aime bien davantage, c'est de vous assurer des sentiments inviolables avec lesquels je serai toute ma vie, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Voltaire.

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