‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 79 sur 574 · Acto V, scène ii · texte numérisé non relu

Acto V, scène ii

Vers 61 . Helas ! qu'il étoit grand quand je l'ai cru s'éteindre,

Votre amour, et qu'à tort ma flamme osoit s'en plaindre !

De loims discours, et si peu naturels, dans une situation si violente, si affreuse, si inattendue, sont pires que le 'page qui veut faire enfuir le soleil, et que Liriope qui lui rend son change.

Vers 5. Épargne ma douleur, juges-en par sa cause, Et va sans me forcer à le dire autre chose.

Cela est encore plus mauvais que tout ce que nous avons vu. Les inepties du page et de Liriope sont sans conséquence ; mais un père qui sacrifie froidement sa fille, sans lui dire autre chose, joint l'atrocité au ridicule.

Vers 35. Apprenez que le sort n'agit que sous les dieux, Et souffrez comme moi le bonheur de ces lieux.

Ce Cépliée est ici plus insupportable que jamais; il sacrifie sa fille de trop bon cœur.

Ters o9. J'y cours, mais autrement je jure ses beaux yeux, Et mes uniques rois, et mes uniques dieux....

11 s'agit bien ici de beaux yeux, et ù^ uniques rois, et dhiniques dieux. Voyez comme Achille parle dans Iphigènie.

Cette scèi>e a encore beaucoup de conformité avec VIphigénie de Racine. lAndromède dit :

Seigneur, je vous l'avoue, il est bien douloureux

De tout perdre au moment que l'on croit être heureux!

Iphigénie s'exprime ainsi ^ :

J'ose vous dire ici qu'en l'état où je suis

Peut-être assez d'honneurs environnoient ma vie

Pour ne pas souhaiter qu'elle me fût ravie,

Is'i qu'en me l'arrachant un sévère destin

Si près de ma naissance en eût marqué la fin.

Jamais un sentiment naturel et touchant ne fut plus éloigné de l'emphase tragique, ni exprimé avec une élégance plus noble \ et plus simple. Jamais on n'a mis plus de charmes dans la véritable éloquence.

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