‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 101 sur 164 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

hors de vue ; en sorte que, dans l'espoir de s'en saisir, sachant quel mérite ce serait auprès de César, on prit des peines infinies, avec un zèle qui fit faire presque l'impossible. A chaque moment on croyait comme toucher à ce comble du bonheur; il échappait toujours à travers les bois, les défilés, les montagnes et passait, à la faveur de la nuit, dans une autre contrée, dans un autre canton, sans autre escorte que quatre cavaliers, les seuls auxquels il osât confier sa tête.

VIII. Ayant ainsi dévasté le pays. César, avec son armée, affaiblie de deux cohortes, vmt à Durocortorum chez les Rémois. Il y convoqua l'assemblée générale de la Gaule, et y fit informer de la conspiration des Sénonais et des Carnutes. La peine capitale ayant été prononcée contre Accon, qui en était l'auteur, il fut mis à mort, suivant l'ancien usage : plusieurs s'enfuirent, craignant d'être condamnés. César, leur ayant interdit le feu et l'eau, mit deux légions en quartiers d'hiver sur la frontière des Tréviriens, deux chez les Lingons, et les six autres à Agendicum, chez les Sénonais : puis, après s'être assuré de blé pour l'armée, il passa, suivant sa coutume, en Italie, pour y tenir les assemblées.

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