LIVRE VIII
et César durent donner chacun une légion pour la guerre des Parthes. C'était clairement à César seul qu'on ôlait ces deux légions: car Cn. Pompéïus donna, comme étant à lui, la première légion qu'il avait envoyée à César, légion formée de levées faites dans la province de celui-ci. Cependant, quoique personne ne doutât qu'on le dépouillait pour plaire à ses ennemis, il rendit cette légion à Pompée et, d'après le sénatusconsulte, remit, pour son compte, la quinzième, qu'il avait en garnison dans les places de la Gaule citérieure, oîi il la remplaça par la treizième.
Alors il mit son armée en quartiers d'hiver; cantonna Trébonius avec quatre légions dans la Belgique et fit passer C. Fabius avec quatre autres chez les Éduens ; persuadé qu'on n'avait rien à craindre pour la Gaule, si nos troupes en imposaient à l'extrême valeur des Belges, et à la très grande influence des Éduens.
César partit ensuite pour l'Italie, où il apprit en arrivant que les deux légions, dont il s'était dessaisi, et qui, suivant le sénatus-consulte, devaient marcher contre les Parthes, restaient cn Italie, aux ordres de Pompée, à qui le consul Marcellus les avait remises. Quoique personne, après cela, ne doutât de ce qui se préparait contre César, il résolut cependant de tout souffrir, tandis qu'il lui resterait quelque espoir de terminer ses différends par les lois plutôt que par l'épée.