LIVRE I
entraînaient chargé de trois chaînes, fut rencontré par César lui-même, qui poursuivait la cavalerie ennemie, et à qui cela ne flt pas moins de plaisir que la victoire : car il retrouvait l'homme le plus estimable de toute la Province, son commensal, son hôte, qu'il arrachait des mains des ennemis; et la fortune, en le lui rendant, lui permettait de jouir pleinement d'un aussi grand succès. Procillus disait « Que trois fois on avait jeté les sorts pour savoir s'il serait brûlé sur l'heure ou si son supplice serait différé : c'était aux sorts qu'il devait son salut ». On trouva et on ramena de même M. Mettius.
La nouvelle du combat s'étant répandue au delà du Rhin, les Suèves, qui étaient sur ses bords, songèrent à retourner chez eux; les Ubiens, qui demeurent près de ce fleuve, poursuivirent leurs bandes consternées et leur tuèrent beaucoup de monde.
César ayant, dans une campagne, terminé deux guerres si importantes, mit son armée en quartiers d'hiver, chez les Séquaniens, un peu plus tôt que la saison ne l'exigeait, et, la laissant sous les ordres de Labiénus, il partit pour aller tenir les assemblées dans la Gaule cisalpine.