‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 29 sur 164 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

nir des Suessions, leurs frères, leurs parents, avec lesquels ils étaient en communauté de droits et de lois, de gouvernement et de magistrats, de ne point s'unir aux autres peuples belges ».

César les questionna sur les cités qui avaient pris les armes, sur leur importance et leurs forces; il apprit: « Que la plupart des Belges descendaient des Germains* qui, à une époque reculée, passèrent le Rhin, chassèrent les Gaulois, anciens habitants du pays, et s'y fixèrent, à cause de sa fertilité. Eux seuls avaient, sous la génération précédente, défendu l'entrée de leur territoire contre les Cimbres et les Teutons, fléaux de la Gaule. Le souvenir de ces exploits leur inspirait une haute opinion de leur valeur et de leur habileté dans l'art militaire. Les Rémois ajoutaient qu'ils étaient bien informés du nombre des combattants, leurs liaisons de voisinage et de parenté les ayant mis à portée de connaître le contingent que, dans l'assemblée générale des Belges, chaque cité s'était engagée à fournir.

i. Ceci ne paraît pas exact, à moins qu'on ne veuille dire que les prétendus Germains n'étaient originairement que des Gaulois passés très anciennement en Germanie et revenus au berceau de leurs ancêtres, dont ils avaient conservé la langue. En effet les noms de Monns et à.'Artnoricaiyis, ont la même origine : Mor signifie yaer en Celtique, ceux de Samarobriva, de Nemetocenna, de Nociodunum, de Durocortorum, villes des Ambiens, des Atrébates, des Suessions, des Rémois, sont de même évidemment gaulois : Trêves parlait encore le Celte au quatrième siècle. On peut donc avec vraisemblance resserrer, a l'époque de César, les vrais Germains entre les Tréviriens, les Médiomatrices, les Rémois, les Nerviens, les Ménapiens et le Rhin.

« Les Bellovaques étaient les premiers pour l'influence, la population et la bravoure: ils pouvaient mettre sur pied cent mille hommes; ils en promettaient soixante mille d'élite, et demandaient le commandement général. Les Suessions, leurs voisins, possédaient un territoire vaste et très fertile. Presque de nos jours ils avaient eu pour roi Divitiacus, le plus puissant prince de toute la Gaule, dont l'empire s'étendait sur une grande partie de ces contrées et jusque dans la Bretagne. Leur roi actuel était Galba, à qui sa prudence et son équité avaient fait unanimement déférer la direction absolue de la guerre : ils avaient douze villes, et promettaient cinquante mille hommes. Les plus farouches des Belges, les Nerviens, dont le pays est très éloigné, devaient en fournir autant; les Atrébates, quinze mille ; les Ambiens, dix mille ; les Morins, vingt-cinq mille ; les Ménapiens, neuf mille ; les Calètes, dix mille ; les Vélocasses et les Véromanduens, autant ; les Aduatiques, vingt-neuf mille : on estimait à quarante mille hommes le contingent des Condruses, des Éburons, des Céresès et des Pémans, compris en général sous le nom de Germains ».

César rassure les Rémois, leur parle avec bienveillance, ordonne que le sénat entier vienne le trouver et qu'on lui amène, pour otages, les enfants des premiers de la ville : tout cela fut ponctuellement exécuté. 11 stimule ensuite vivement le zèle de l'éduen Divitiacus et lui montre « Combien il importe à la République et à la sûreté commune de diviser les forces de l'ennemi,

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