‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 30 sur 164 · LIVRE !I · texte numérisé non relu

LIVRE !I

pour n'avoir pas tout à la fois en tête une pareille multitude : c'est ce qu'on évitera, si les Éduens envoient des troupes ravager le pays des Bellovaques ». 11 congédie Divitiacus avec ces instructions. Bientôt apprenant par les Rémois et par les gens qu'il avait envoyés à la découverte, que toutes les forces des Belges marchent à lui réunies et qu'elles ne sont déjà pas éloignées, il se hâte de passer avec son armée l'Aisne, où finit le pays des Rémois, et campe sur ses bords, un de ses flancs appuyé à la rivière : position qui, couvrant ses derrières, assurerait la marche des vivres qu'il tirerait du pays rémois et d'autres cités. Sur l'Aisne était un pont où il plaça un détachement ; il posta sur un autre point le lieutenant L. Titurius Sabinus avec six cohortes, et fit fortifier le camp d'un rempart haut de douze pieds et d'un fossé large de dix-huit. III. A huit milles du camp était une ville rémoise, nommée Bibrax. Les Belges, chemin faisant, lui livrèrent un violent assaut, qu'elle eut peine à soutenir. L'attaque des places est la même chez les Belges et chez les Gaulois. Toute l'armée se répand autour de la ville et, quand les pierres qu'on y fait pleuvoir de toutes parts ont dégarni le rempart, on forme la tortue, on s'approche des portes et l'on sape le mur. Cela fut alors facile aux Belges; car tel était le nombre de ceux qui lançaient des pierres et des traits que personne ne pouvait rester sur le rempart. La nuit ayant suspendu l'attaque, Iccius, qui commandait dans la ville, homme des plus nobles et des plus en crédit chez les Rémois

et l'un des deux qu'ils avaient députés pour demander la paix à César, lui envoie dire que, s'il ne reçoit du secours, il ne peut tenir plus longtemps.

César fait partir, au milieu de la nuit, les Numides, les archers crétois et les frondeurs baléares, guidés par les exprès d'Iccius. Leur arrivée rendit le courage aux Rémois avec l'espoir de se défendre, et les ennemis, par la même raison, perdirent celui de prendre la ville. S'étant donc arrêtés quelque temps dans les environs pour dévaster les terres des Rémois et brûler tous les bourgs et toutes les habitations à leur portée, ils marchèrent avec toutes leurs forces vers le camp de César et campèrent à moins de deux milles de lui, sur un front de plus de huit milles, à en juger par la fumée et les feux.

Attendu leur nombre et leur haute réputation de bravoure. César résolut de ne pas d'abord en venir aux mains : chaque jour cependant, par des combats de cavalerie, il éprouvait et la valeur des Belges et celle de ses troupes. Quand il vit qu'elles ne le cédaient en rien aux ennemis, il choisit, en avant de son camp, un lieu propre à se mettre en bataille. La position était avantageuse, en ce que le terrain, où nous campions, et qui dominait un peu la plaine, avait, de largeur, l'espace que pouvait occuper notre armée en ligne : les deux côtés étaient en pente et le front, légèrement bombé, s'abaissait .insensiblement jusqu'à la plaine. Sur les deux flancs de la colline, on tira un fossé d'environ quatre cents pas de long, aux extrémités duquel

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