LIVRE II
tion et sa puissance, tenait le premier rang parmi les Belges, il exigea six cents otages qui lui furent livrés avec toutes les armes de la ville. .11 passa de là chez les Ambiens, qui se rendirent aussitôt corps et biens.
V. Ils touchaient aux Nerviens et répondirent aux questions que fit César sur le caractère et les mœurs de ces peuples : « Que les marchands n'étaient point reçus chez eux : qu'ils n'y laissaient entrer ni vin, ni rien de ce qui flatte la sensualité, parce qu'ils croyaient que cela pouvait énerver et amollir le courage. Us étaient féroces et très braves. Ils s'emportaient en invectives contre les autres Belges, qui, dégénérant de l'énergie de leurs ancêtres, s'étaient rendus à César. Ils déclaraient qu'ils ne lui enverraient point de députés et qu'ils n'accepteraient la paix à aucunes conditions ».
Après trois jours de marche à travers leur pays, César apprit par des prisonniers, qu'il n'était pas à plus de dix milles de la Sambre au delà de laquelle les Nerviens s'étaient postés pour l'attendre, avec les Véromanduens et les Atrébates leurs voisins, qu'ils avaient déterminés à courir avec eux les chances de la guerre. Ils attendaient aussi les Aduatiques, qui étaient en marche pour se joindre à eux ; et ils avaient réuni, dans un endroit que des marais rendaient inaccessible à une armée, leurs femmes et ceux que l'âge rendait inutiles un jour de bataille. Instruit de ces faits, César envoie en avant des éclaireurs et des centurions pour tracer un campement convenable.
Comme il avait à sa suite les otages belges et beaucoup d'autres Gaulois, plusieurs d'entre eux, comme on le sut ensuite des prisonniers, ayant les jours précédents, observé l'ordre de marche ordinaire de l'armée, passèrent de nuit chez les Nerviens et leur apprirent . c Que les légions étaient séparées par beaucoup de bagages et que, la première devant arriver au campement longtemps avant les autres, ce ne serait rien que de l'attaquer, ayant encore le sac sur le dos'. De sa déroute et du pillage des bagages, il résulterait que les autres n'oseraient tenir ferme ». Ce qui venait à l'appui de ce conseil, c'est que les Nerviens n'ayant pas anciennement de cavalerie, (à présent même ils ne s'en occupent guère, et l'infanterie fait toute leur force), pour arrêter plus aisément la cavalerie de leurs voisins qui auraient voulu les piller, ils entaillaient et courbaient en espalier de jeunes arbres, puis entrelaçant de ronces et d'épines leurs rameaux nombreux, ils se faisaient de ces haies une fortiûcation et comme un mur impénétrable, même à la vue. Comme cela embarrassait notre marche, les Nerviens ne crurent pas devoir mépriser l'avis.
La position choisie pour notre camp était une colline qui, depuis la crête, s'abaissait par une pente égale jusqu'à la Sambre : en face, à deux cents pas environ
i. Nous avons traduit sub sarcinis, par le sac sur le dos, qui est l'expression française la plus analogue au texte latin : dans le fait, les Romains ne portaient point de sac, mais une fourche entre les doigts de laquelle était attaché leur menu bagage.