‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 41 sur 164 · LIVRE m · texte numérisé non relu

LIVRE m

I. En partant pour l'Italie, César avait envoyé Ser. Galba, avec une partie de sa cavalerie et la douzième légion chez les Nantuates,l.es Véragres et les Séduniens qui, des frontières des Allobroges, du lac Léman et du Rhône, s'étendent jusqu'au sommet des Alpes. Il voulait faire élargir le chemin qui traverse les montagnes, où les marchands ne pouvaient passer qu'avec beaucoup de risque et en payant d'énormes droits. Galba, s'il le jugeait nécessaire, pouvait y cantonner la légion pendant l'hiver. Après quelques combats heureux et la prise de quelques châteaux, comme, de toutes parts, on lui avait envoyé des députés et donné des otages. Galba, voyant tout tranquille, prit le parti de placer deux cohortes chez les Nantuates et d'hiverner luimême avec le reste dans Octodurus. Ce bourg des Véragres, assis dans une petite plaine au fond d'un vallon, est entièrement entouré de montagnes très élevées. Comme une rivière le divise en deux parties. Galba en laissa une aux Gaulois et leur fit évacuer

l'autre, où il mit ses troupes en quartier d'hiver et qu'il fortifia d'un rempart et d'un fossé.

Une partie de l'hiver s'était écoulée et il avait ordonné qu'on lui apportât du blé, quand tout à coup ses patrouilles lui apprirent que tous les Gaulois avaient, de nuit, abandonné leur côté du bourg et que les Véragres et les Séduniens occupaient en grand nombre les montagnes qui le dominaient. Plusieurs motifs leur avaient fait prendre la résolution soudaine de recommencer la guerre et d'écraser la légion. D'abord ils méprisaient, comme une poignée d'hommes, une légion unique et de plus incomplète, puisqu'il lui manquait deux cohortes, outre plusieurs petits détachements envoyés pour demander des vivres; ensuite ils ne croyaient pas que, dans sa mauvaise position, elle pût résister miême à leur premier effort, lorsqu'ils lanceraient leurs traits et se précipiteraient des hauteurs ; enfin ils étaient aigris de ce qu'on leur avait pris leurs enfants pour otages et se persuadaient que les Romains voulaient s'emparer de la cime des Alpes, non pas seulement à raison du passage, mais pour s'établir à demeure dans le pays et l'annexer à la Province dont il était limitrophe.

A cette nouvelle. Galba se hâte d'assembler le conseil. Les travaux des quartiers et les retranchements n'étaient pas achevés et l'on était mal approvisionné de blé et d'autres vivres, parce que, depuis la soumission du pays et les otages reçus, on ne croyait avoir à craindre aucune hostilité. Le péril imminent

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